Résumé de : Saignon-Découverte de bories, cabanes et habitats troglodytiques-Rocher des Druides

Parcours de 12/13km – Durée 4h15 + 3/4h visite + 1h00 déj
Dénivelé 205 m – Dénivelé cumulé 445 m - Randonnée pour tous.

Aujourd’hui, cette randonnée, nous est proposée par Ignace, une balade pour tous, par des sentiers à travers la campagne Saignonnaise, au-dessus de falaises escarpées et de grands reliefs contrastés, d’où vous aurez de magnifiques points de vue que conserveront tous les amoureux de Saignon. RV avait été pris sur le parking des Fondons à 2.5 km sur la route montante de Saignon-Auribeau. Première surprise en arrivant, la neige tombée samedi est toujours là, et les endroits ombragés sont toujours recouverts d’environ 5 cm de neige. Départ par la route D42 en Direction d’Auribeau, sur 500m, puis nous prenons à gauche de la route, à la croisée des chemins-chemin de la Française, (panneau à droite de la route), un petit sentier, en direction de Saignon, ce sentier est balisé bleu, et a du autrefois, être utilisé, comme sentier de liaison entre Saignon et Auribau. Ce sentier pas très large d’abord, en balcon, offre de beaux points de vue sur la Vallée du Calavon, les Monts de Vaucluse, le Ventoux, et les villages de Caseneuve et de St Martin-de-Castillon. Puis il s’élargit, bordé de murets de pierre sèche recouvert de mousse en sous-bois. Nous découvrons d’abord une borie moussue, celle de la Gardette, intégrée au muret sur la droite, et un peu plus loin, c’est tout un hameau de cabanes et bories de « la Font d’Argéol », que nous découvrirons sur le plateau un peu plus dégagé. Ces nombreuses bories, cabanes en pierre sèche, bien conservées, sont les vestiges d’une petite communauté, laissés par des paysans et éleveurs de cette région au XVIIIème siècle, à vocation pastorale et agricole. Les chemins empruntés sont souvent bordés de murs de pierre sèche, qui servaient d’enclos et de limites aux parcelles des propriétaires. De nombreux pierriers (tas de pierres empilés) sont les traces du défrichement des terres agricoles, et là, il y avait de la pierre, car ils sont nombreux. Nous poursuivrons par le sentier, sur une aire dégagée par les forestiers, prendre la sente plein Nord qui se dirige vers la falaise en sous-bois. Il nous faudra faire attention, car la neige rendra la descente un peu glissante. Le sentier se poursuit au pied des falaises de Lauroi, où nous découvrirons quelques ruines d’anciennes habitations troglodytiques et maisons de pierre. Cela nous permettra d'arriver tranquillement à mi-parcours et après être passé au ras d’une falaise escarpée, d’apercevoir au dernier moment le clocher de l’église du village de Saignon (on ne le voit pas avant).. Arrivés sur le parking de l’église, une visite de Saignon s’impose.
Un peu d’histoire :
« Situé dans la partie nord du massif du Luberon, dans le département du Vaucluse. Le village est limité au sud par le massif du Luberon et au nord par la rivière du Calavon, et se situe au-dessus de la ville d'Apt. Saignon, du nom latin « Signal », porte bien son nom, ce village haut perché, installé près du plateau des Claparèdes domine Apt et toute la vallée du Calavon. La cité qui s´allonge derrière son célèbre rocher, a su préserver au fil des ans, ses caractéristiques remarquables.
Le village de Saignon connaît ses premiers habitants à l'époque du Néolithique. En effet, les nombreux abris naturels ont favorisé l'occupation de la commune. Le rocher dominant la plaine d'Apt servait à l'émission de signaux, d'où la commune tira certainement son nom actuel. Habité depuis la plus haute antiquité, un ensemble d´habitations est attesté bien avant la conquête romaine, les rochers de Saignon servirent de refuge aux populations refoulées pendant les invasions barbares qui se succédèrent du lllème au IXème siècle. Ce fut un oppidum préromain, puis une citadelle du temps gallo-romain. De ce fait le rocher et le village furent fortifiés, au Moyen-âge, au XIIème siècle, la commune de Saignon se dote de trois châteaux : au nord, le rocher majeur (rocher de Belle-Vue), au centre le château Méjean (du milieu), au sud, le château de Grigière, puisqu'il s'agit à cette époque, là, d'une coseigneurie. Chaque famille possédant un château. Ce fief passa des mains de la famille Rambaud de Simiane à la maison de Bot, puis à la couronne de Provence, sans pour cela, que la commune ne perde ses droits sur la forteresse qui continua fièrement à jouer son rôle naturel de "clef de défense" de la ville d´Apt. De cette ancienne place forte, il ne reste que des vestiges archéologiques (châteaux, remparts, chemin de ronde, aiguier, etc...). Son blason résume en une image ses trois châteaux, surmontés d’une couronne d'or à 3 tours, dont l'écu est entouré et soutenu par deux branches de chêne de sinople passées en sautoir. Au siècle suivant, le château Méjean est détruit suite à une querelle entre les coseigneurs. En 1309, le comte de Provence reçoit une partie des terres des mains de la famille Bot qui obtient de ce fait, assistance et protection.
Au XVIème siècle, les habitants s'opposent alors par deux fois à la vente de leur fief. Depuis cette époque, Saignon continuera à jouer son rôle naturel de "forteresse avancée" de la ville d'Apt.
Sous François Ier, il semble que le village fut racheté par ses habitants après la vente de la seigneurie. Pendant les guerres de Religion, les protestants s'emparèrent du château. Saignon reste aujourd’hui un des plus pittoresques villages anciens du Luberon avec une population d’environ 1200 âmes ».

De l’Eglise romane Notre-Dame de Pitié du XIIème siècle, avec sa magnifique porte en chêne du XIVème siècle, surmontée d'une sculpture de mise au Tombeau du Christ, par Sollier,(pour la visite de l’église fermée, il faut demander la clé à la Mairie, en face et Bernard), nous poursuivons notre visite en traversant le vieux Saignon, en empruntant ses calades pentues, ses ruelles profondes, aux belles demeures, ses passages sous rochers. Arrivée sur la belle place de la Fontaine à vasques, cette dernière étant composée de deux vasques surmontées de deux statues de femmes en bronze, représentant, l’une, l’allégorie de l'agriculture et l'autre l’allégorie de l'industrie. En face, son Lavoir aux 3 bassins successifs, construit en 1890, est situé sous la bibliothèque municipale. Les eaux abondant à Saignon, la source de Valsorgues, alimente l'ensemble des points d'eau publics du village, elle s'écoule d’abord dans la fontaine à vasques avant d'être acheminée jusqu'au lavoir. Nous continuerons vers le Beffroi, Tour de l’Horloge et son campanile simple, bulbille d´une rare sobriété, entouré de quelques maisons anciennes aux portes remarquables, puis pousserons jusqu’à son ancien moulin à huile troglodytique sous roche datant du XVIIème siècle. Beau point de vue sur l’église paroissiale, prendre au bout de la place du moulin, et longer les remparts pour rejoindre le pied du Rocher, cette fantastique forteresse naturelle creusée par les vents, percée de caves, d´escaliers, de passages secrets, de grottes, …
« C’est le rocher de Bellevue : d'une hauteur de 35 m, le rocher, dit de Bellevue identifie le village haut perché de Saignon dans le Luberon. Le nom du village vient du latin « signum » qui signifie « le signe ». Mentionné "Sagnione" au Xème siècle. L'éperon rocheux domine et protège la vallée d'Apt. Ce site a autrefois servi de refuge aux populations pendant les invasions barbares des IIIème aux IXème siècles. Creusée de puits, de salles, d'escaliers, cette forteresse naturelle a servi d'appui aux 3 châteaux-forteresses médiévaux, dont on aperçoit encore les ruines (remparts, portes, chemin de ronde, guérite, aiguier). D´un accès aisé, le sommet du rocher de Saignon, avec sa table d´orientation, offre un panorama superbe sur la plaine du Calavon et les montagnes environnantes, par temps clair on peut voir le Mont Ventoux, la Montagne de Lure, le plateau d’Albion, les Alpes de Haute Provence, le Luberon, la ville d’Apt et même les hauteurs d´Avignon".
Après cet intermède touristique visuel et historique passionnant, nous continuons notre balade en en dessous des falaises de St Michel, en traversant des champs de lavande, pour arriver au hameau de Rocsalière, un hameau troglodytique au pied de falaises, magnifique. Poursuite par une petite sente à droite de la route qui descend vers le ruisseau de Rocsalière, que l’on traverse par une petite passerelle. Longer alors le ruisseau en rive gauche, par le sentier du Rocher des Druides.
Après une recherche historique, je vous transmets ce que j’ai pu trouver sur le moteur de recherche Google « Rocher des Druides Rocsalière » Histoire d'Apt - Page 34 - Résultats Google Recherche de Livres-books.google.fr/books?id=DECyjKoaockC - Elzéar Boze – 1813.
« Mr. de Remerville avance très sérieusement qu'il n`est pas impossible que cette partie de la contrée où se trouve située la petite ville de Bonnieux, ait été anciennement appelée « Vallis Magorum », c'est-à-dire, la Vallée des Mages ou des Magiciens, du nom de ce roi. Quoi qu'il en soit, après qu'il eut régné 61 ans, Saronides, l`aîné de ses enfants, lui succéda. Celui-ci rendit son nom célèbre, par les sciences qu'il enseigna à ses disciples, nommés « les Philosophes Saronides ». Il régna 54 ans. Druis, ne lui fut pas inférieur en mérite, et le surpassa même en piété et en connaissances religieuses. Il introduisit l'usage de la consécration des forêts, qui depuis furent regardées comme les sanctuaires de la divinité. C'est de lui que les Druides, ses disciples apprirent à chercher le gui de chêne, et à le recevoir dans une robe de laine blanche, après l'avoir coupé le 6ème jour de la lune, avec une serpette d`or. L`étude de la morale et des sciences naturelles, dont ils faisaient profession, les rendirent si puissants par la suite, et leur mérita si bien l'estime et la confiance de la nation, qu'ils en devinrent tout à-la-fois, les prêtres, les juges et les philosophes. On prétend que le roi Druis, consacra dans le terroir d'Apt, une grande forêt de chênes, où il commença de pratiquer les cérémonies de son nouveau culte. Cette forêt fut longtemps l'objet de la vénération des peuples voisins; elle était située au pied du Luberon, aux environs de cette chaîne de rochers taillés à pic, qui s'élèvent au-dessus du vallon de Rocsalière: on y voit encore dans le roc la place d'un autel, où l'on assure que les Druides offraient leurs sacrifices. Bardus, qui fut le successeur de son père Druís, ne se rendit pas moins célèbre. Il donna des leçons de poésie et de musique à plusieurs de ses sujets. Ceux -ci prirent son nom par la suite, et acquirent bientôt parmi les Celtes, autant de crédit et de réputation que les Druides mêmes. Quelques auteurs leur donnent encore la qualité de prêtres et l’intendance des sacrifices. On voit à quelques distances de la ville, entre le midi et le levant, une colline escarpée, dont l'aspect est encore sauvage, quoique depuis longtemps défrichée. On présume, que c'est là qu'ils ont tenu leurs premières académies. Un endroit même a conservé leur nom, et s`appelle encore vulgairement « les Imbardes »; ce qui prouve qu`ils y ont eu des habitations, quoi que apparemment dans des temps plus modernes ».
A la croisée des chemins-Rocher des Druides, à 300m de Rocsalière, prendre à droite en direction des ruines à droite au pied du rocher. Il y reste quelques pans de murs, un passage de porte, une salle avec un escalier, taillés dans la roche, un petit tunnel qui permet de traverser le rocher, remarquable. De l’autre côté du rocher, c’est dans une petite clairière enneigée, que nous ferons la pause déjeuner. Jean-Louis fêtera son « Xème anniversaire » avec un gâteau d’anniversaire, un cake aux fruits confits, arrosé au Champagne, royal… Nous reprendrons le sentier derrière le vieux chêne qui grimpe au-dessus de la falaise derrière le Rocher des Druides, d’où nous aurons un beau point de vue sur Rocsalière, le Rocher des Druides, Apt et la vallée du Calavon…Nous allons rejoindre le plateau des Claparèdes avec ses champs de lavande, ses cabanes et bories, ses murs de pierre sèche. Il y a peu de temps, nul berger n’aurait amené son troupeau dans ces champs caillouteux où pousse, l’herbe aux breuvages, qu’aux soirs de pleine lune, venaient cueillir les sorcières. Aujourd’hui ce « pré des sorcières » évoque les envoûtements des campagnes, les sabbats, les histoires que racontaient nos grands-parents lors des longues veillées d’antan.
Le mot «les Claparèdes » signifie : plaine caillouteuse, il s'agit de terrains pierreux, difficiles à travailler, très souvent arides. Le doublet « clap/clapa » a donné également « clapàs et clapièr », qui nomment un amas de pierres, plus communément appelés pierriers.
C’est à travers des paysages très différents que nous ferons le reste du parcours agrémenté de
quelques belles découvertes de ruines et de bories bien conservées.
Entre autre :
-la Grande Borie carrée-1V de Vouliou sur le plateau des Claparèdes avec son enclos de pierre sèche
- la Borie pointue-2V de Vatan. Sa structure très élaborée place sa construction au cours du XVIIIème ou du XIXème siècle. Les lauses de la toiture ont été scellées au mortier de chaux lors d'une restauration récente. Elle possède un puits toujours utilisable.
-la Borie-2B de Ballalot sur le plateau des Claparèdes. La retraite entre la base et le couvrement suggère l'existence d'une couverture de lauses qui a été retirée, découvrant l'extrados de la voûte.
Au Colombier, nous quittons le plateau des Claparèdes pour une forêt, le sentier rejoint les Fondons 700m plus loin et le parking, de notre point de départ.
Merci encore à Ignace, qui nous a fait découvrir cette belle partie du plateau des Claparèdes, et ouvrir une belle page d’histoire autour de Saignon.