Résumé de : St Gens-Barbarenque-Clapeyrousse-Ruines du hameau et vallon de Carroufra

Difficulté : Moyen - Durée : 4h30 + 1h00 découverte + 1h00 déj.
Distance : 12.5 km - Dénivelé : 115 m - Dénivelé cumulé 630 m.


La neige recouvre les 2/3 du pays mais chez nous, c’est le beau temps, grâce au Mistral qui s’est déchainé dans la vallée du Rhône, avec des rafales à 130 km/h. Mais quand il y a du Mistral, il fait beau, et comme le site de randonnée se prête bien à une journée ventée, car bien abrité, c’est donc avec quelques amis téméraires, et bien habillés que nous démarrerons cette balade, depuis le parking de l’Ermitage de St Gens, non loin du village perché du Beaucet. Nous prenons la petite route bétonnée qui monte vers la carrière, jusqu’à l’Oratoire de la Fontaine. Là, prendre le sentier à gauche (pas celui de la Source miraculeuse), qui remonte dans la Grande Combe, où nous nous rejoindrons le belvédère de la croix situé au-dessus de la Source miraculeuse de St Gens, d’où le panorama embrasse toute la vallée, vue sur la ville de Carpentras, le Barroux, Caromb, les Dentelles de Montmirail, le Mont St Amand, le Mt Ventoux, vous êtes juste en dessous du Rocher des Trois Luisants. Après une descente par le sentier en balcon de la Combe de la Fontaine, nous arriverons à la fontaine de « jouvence », un vœu indispensable à faire, en y gouttant son eau. Quelle que soit la saison, un filet d’eau sort d’une fissure dans la montagne où un petit autel y a été installé au-dessus dans une petite cavité. En contrebas, un recueillement devant l’Oratoire de la Source de St Gens. Poursuite par le GR91 d’abord, que nous quittons bien vite, par la droite, pour gagner la croisée des chemins de la Carrière de St Gens. Vous pourrez lors de la descente apercevoir le Ventoux. De là, traverser la petite route, qui monte à la carrière et prendre en face la piste qui part en direction du plateau du hameau de Barbarenque. Au sommet vous découvrirez une bâtisse carrée moderne, parementée de pierre, est-ce un poste EDF, il semble que non, une station de pompage ?... Prendre à gauche derrière cette construction la partie déboisée, on y aperçoit à moins de 100m au milieu des chênes verts, une cabane de pierre sèche, c’est la Borie noire, une immense cabane de 20/25 m de long à l’entrée surmontée d’un linteau monolithe, constituée de 2 pièces, une ouverture pas d’origine y a été ouverte dans la 2ème pièce. Cette construction construite à voûte en encorbellement, bien conservée, se trouve malheureusement sous une ligne HT. Poursuite par la piste, où un peu plus bas, nous prendrons à droite, une sente qui s’enfonce dans le bois décrit un arc de cercle avant de déboucher dans une chênaie truffière. Prendre à gauche en bordure de la plantation, au bout vous découvrirez la Borie La Pointue, surnommée ainsi, car elle est triangulaire et pointue d’un côté. Rejoindre la petite route à 50m de là, et prendre le sentier à gauche, balisé jaune, bordé de murets de pierre sèche, il rejoint la piste quittée auparavant. Juste avant sur la gauche en sous-bois, les ruines de la grande cabane de Barbarenque au toit effondré, de plus de 20m de long, similaire à la Borie noire, aux murs de plus de 2 m d’épaisseur. Il en a fallu des pierres pour la construire. Remontez la piste et prenez la 1ère à droite, qui vous mène au hameau de Barbarenque, tristement célèbre pour les jeunes résistants qui y furent fusillés, le 2 août 1944, une stèle à l’entrée en témoigne. Sur la gauche, à l’entrée d’une ancienne parcelle de culture, subsiste une belle cabane en pierre sèche. Un petit tour dans le hameau en partie restauré, est entouré de terrasses et de cabanes de pierre sèche. Ce hameau fut déserté vers les années 1950, car les habitants ne pouvaient plus faire face à la concurrence des plaines et au développement des techniques modernes de l’agriculture. Rejoindre la piste un peu plus haut et la remonter sur 200m, jusqu’à l’aire de retournement, prendre à gauche la piste du milieu (patte d’oie), peu avant le bout, 75m, prendre à droite une sente qui s’enfonce et descend dans le sous-bois. C’est l’ancien sentier qui permettait autrefois de relier St Gens-le Beaucet par le plateau. Après 250m de descente tranquille, peu après une croix d’oratoire, prendre au cairn, à gauche le sentier en épingles qui rejoint l’Ermitage et l’Eglise de St Gens, belle vue sur l’ensemble et les falaises en face du plateau de Clapeyrousse. Une visite s’impose ET prendre un peu de temps pour visiter son église romane, lieu de pèlerinage de St GenS. La 1ère chapelle dédiée au Saint, dite la « grande chapelle » fut construite en 1131 et agrandie en 1884. Un peu plus haut se trouve la chapelle du tombeau érigée en 1680, où le corps du saint reposait précédemment.
La légende de St Gens :
« Gens Bournareau (ou Bournarel) est né en 1104 à Monteux, dans le Vaucluse, de paysans bouviers. Lorsque la sécheresse menaçait les récoltes, les habitants de Monteux avaient l'habitude de sortir de la chapelle Saint-Raphaël la statue de Farchange pour la plonger dans le ruisseau du Ricaveau et invoquer la pluie. Un jour, Gens se révolta contre cette pratique relevant d'une superstition païenne qu'il jugeait blasphématoire. Il jeta la statue au sol, qui se brisa. Condamné à trois jours de prison, il fut finalement chassé à coup de pierres. Il se retira alors dans les collines du Beaucet pour y mener une vie d'ermite, faite de travail et de pénitence. Il emporta avec lui deux vaches, une charrue et quelques outils que lui avait donnés son père. Au fond d'une combe sauvage, il se construisit un abri sur les ruines d'un monastère cassianite. Avec ses deux vaches, il entreprit de labourer un lopin de terre pour survivre. Mais tandis qu'il était absorbé dans ses méditations, un loup affamé survint qui dévora une de ses vaches. lmplorant la bonté divine, Gens réprimanda le loup et le contraignit à labourer sa terre, attelé aux côtés e la vache survivante. Les jours s'écoulèrent, difficiles et austères. Un jour, la mère de Gens vint lui rendre visite. Elle arriva épuisée et assoiffée. Il mit alors deux doigts dans les rochers et de là, miracle, jaillirent de l'eau et du vin. Le vin, dit-on, se tarit rapidement, alors que la source d'eau s'écoule encore de la fontaine qui désormais porte son nom. Saint Gens mourut dans son vallon le 16 mai 1127, à l’âge de vingt-trois ans, et son corps fut déposé dans un rocher, près duquel fut édifiée une chapelle romane. Son tombeau s'y trouve toujours .Les reliques de Gens, transportées une première fois au XVIIème siècle dans l'église du Beaucet, furent rapportées à l'ermitage en 1972. Saint Gens est devenu l'objet de prières, aujourd’hui encore pour faire venir la pluie en période de sécheresse. Le 16 mai, un pèlerinage a traditionnellement lieu à l'ermitage pour demander la venue de la pluie ».
Prendre la petite route, derrière le muret de la Fontaine de St Gens aux sculptures représentant entre autre, une vache et un loup. 50m plus haut, un sentier sur la gauche monte dans les restanques, et permet de gagner la cabane troglodytique, où séjournèrent des adeptes du temple du Soleil, à en croire les inscriptions cabalistiques sur les parois. Poursuivre le sentier, jusqu’à un cabanon avec un escalier de pierre avec une petite terrasse en haut. C’est là que nous déjeunerons bien abrité avant de remonter jusqu’à la Ferme troglodytique de St Gens habitée, au niveau de la borie à 2 étages et au pied des Demoiselles coiffées. Prendre la piste montante, ancienne calade, bordé d’un muret de pierre sèche, jusqu’à une ancienne carrière, qui ressemble à un amphithéâtre, couper au travers, en biais pour rejoindre au-dessus, la piste de Clapeyrousse. Prendre à droite, on bascule alors sur le plateau de Clapeyrousse, et toujours tout droit pour rejoindre la petite route goudronnée, là prendre à gauche, et dans la descente, juste avant le 1er virage, emprunter le sentier à gauche qui descend à travers les buis et chênes verts sur 50m, puis à droite, inl vous conduit à une terrasse où poussaient auautrefois plantée de cerisiers (ils viennent d’être coupés). De là vous dominez le magnifique Vallon de Carroufra, pour y découvrir ses hameaux aux pieds de baumes, avec ses restanques, ses apiés, ses cabanes, ses maisons troglodytes, ses apiés (ruchers), ses bories, et leurs cuves vinaires, …. Impossible de les dénombrer, tellement il y en a, si l’on cherche un peu. Du bord de cette ancienne cerisaie la vue est superbe, poursuivez sur la droite du champ, pour rejoindre le sentier de l’autre côté, vous passerez devant une borie, dont on aperçoit que l’ouverture haute. Vous déboucherez sur la route près de la Ferme de Carroufra, au milieu du vallon. Au-dessus de la ferme vous pourrez apercevoir l’immense mur-restanque-digue, qui barre le vallon. Il faudra faire le tour du vallon de Carroufra, pour rejoindre l’autre versant, où se trouve l’ancien hameau de Carroufra, perché sur la colline, noyé dans la végétation sur le plateau au bord des falaises rocheuses. Il vous faudra de la patience, de la persévérance et un peu de chance, pour y découvrir ses cabanes en pierre sèche en encorbellement et leurs cuves vinaires, ses habitats troglodytiques bâtis au creux des baumes et la Grange brûlée, avec leurs fours, son aire de battage et de séchage du blé, le grand bassin taillé dans le rocher, ses terrasses de versant et ses murets de pierre sèche… Une journée à la découverte, de dizaines de constructions, pour les amoureux de la pierre sèche, comme jamais vous n’en verrez autant, sur un territoire aussi restreint.
Le Vallon de Carroufra :
"Creusé par l’érosion dans la molasse calcaire, le ruissellement a usé les parois rocheuses, provoquant des éboulis et l’apparition de baumes naturelles. L’homme y a créé ses habitats en fermant les cavités naturelles par des murs. Le vallon, où les sédiments et alluvions se déposèrent, fertiles, fut exploité, et permis les cultures fruitières et légumières, les plateaux furent semés de céréales, accueillant de nombreuses fermes et aires de battage. Dans les falaises, les habitations troglodytes et cuves vinaires, les versants furent aménagés en terrasses. Ces aménagements sont un bon exemple d’organisation des « Valats », dans la gestion de l’eau, élément essentiel dans nos régions, les restanques en travers du vallon laissant filtrer l’eau, tout en retenant le limon, celle-ci étant récupérée plus bas dans un grand bassin".
Au bout du hameau de Carroufra, vous arrivez sur la grande aire de battage, superbe belvédère sur le vallon. Prendre la piste descendante, sur la droite, vous apercevrez les ruines de la Grange brûlée, où nous rencontrerons son propriétaire, qui nous permis et fit découvrir son four à pain, sa cuve vinaire, ses cabanes annexes, dont une grande cabane construite avec d’énorme lauzes, une petite cabane vinaire parfaitement conservée, et un grand bassin creusé dans le rocher. Il nous expliqua que la ferme aurait été détruite à l’époque de la peste. Aujourd’hui, cet ensemble est maintenu en l’état par son propriétaire, qui ne peut le restaurer à cause de l’administration. Dommage.
Nous rejoindrons la petite route en dessous de la Vachère, où là aussi, il y a accolée à la ferme de la Vachère, une grande cabane à carène de 19mx5m surmontée de dalles à plus de 4m de haut. Elle serait la plus importante et la plus ancienne de la commune. Prendre le sentier balisé vers la Combe de Mayraud, sur la gauche, d’où vous pourrez apercevoir cette cabane, poursuivre tout droit à la bifurcation, entrée de la Combe Mayraud, sur 200m. Dans le virage à droite, 2 sentiers, un chemin à gauche clos par une barrière en bois, (Propriété privée), 50m plus haut, après la barrière au bord du chemin, vous apercevrez une belle cabane avec sa cuve vinaire, elle est taillée dans le rocher de la falaise, pour que l’eau de ruissellement ne se mélange pas au vin, avec son fouloir précédant sa cuve de stockage, protégé par une voûte en encorbellement. Retour à la fourche, prendre la voie de droite qui descend et longe le pied de la falaise. Là aussi vous allez découvrir aux creux des baumes sous la falaise, les ruines d’anciens habitats troglodytiques aménagés et protégés des eaux de ruissellement par des tuiles ou des lauzes, vu leur état, il est dangereux de s’y aventurer.
Toujours en descendant ce chemin sur la droite, vous découvrirez encore une cabane décoiffée avec sa cuve vinaire. Tout en bas, on rejoint la route du vallon de Carroufra, prendre à gauche et la remonter, sur le bord gauche de la route un abri sous roche. Vous rejoignez le virage, où nous avions quitté précédemment la route, 2h00 auparavant. Retour par le même parcours, prenez le raccourci par la grande dalle rocheuse, près des Demoiselles coiffées, taillées par l’érosion dans la molasse calcaire, et qui vous ramène sur un chemin plus large (traces des roues de charrettes) à la Ferme des hauts de St Gens. Vous découvrez à droite, la Borie à 2 niveaux, magnifique construction, implantée dans un site de terrasses (attention danger d’y pénétrer), et à gauche d’abord les ruines d’habitats troglodytiques blottis aux creux des falaises. Vous passez devant la Ferme, ancienne grange convertie en habitation, bordée d’un mur construit en « arête de poisson ». Poursuivez tout droit en descente pour rejoindre la croisée des chemins-Combe de la Fontaine, à l’oratoire, retour à l’Ermitage de St Gens.
De l’avis de tous ce fut une très belle journée de découverte, et même ceux qui connaissaient un peu les lieux, ont été surpris de tout ce qu’ils n’avaient pas vu auparavant.
Merci à Pierre Sèche en Vaucluse et au livre
« 25 Balades sur les chemins de la pierre sèche, entre Monts de Vaucluse, Lure et Luberon, de Florence Dominique aux Editions : Marcher un livre a la main-le bec en l’air »,
pour nous avoir fournir de nombreuses informations et permis de découvrir ces lieux chargés d’histoire.