Résumé de : St Antonin-Ste Victoire-la Marbrière-Refuge de Baudino-la Torque-Ermitage de St Ser

Parcours : de 14.5 km - Dénivelé : 425m - Dénivelé cumulé environ 1000 m.
Durée h00 + 1h00 déj. - Pour bons marcheurs, en boucle
Ne pas faire en été, à cause de la chaleur. Prendre suffisamment à boire.


C’est avec nos amis Stéphanois que nous nous retrouvons au pied de la Ste victoire sur le parking de la Maison de la Ste Victoire à St Antonin-sur-Bayon. Malheureusement la météo ce matin nous laisse perplexes, car la brume cache toute la crête de la Ste Victoire au-dessus de 700m. Nous avions envisagé de monter par le Pas du Clapier jusqu’à la crête et de redescendre par le Garagaï, ça semble bien compromis. Nous aviserons en route.
Nous partons juste en dessous de l’Oppidum Untinos, au pied de l’abrupte falaise de la Ste Victoire, dominant le village de St Antonin-sur-Bayon. Après l’incendie de 1989, il y a été découvert, suite à des fouilles, un modeste matériel celto-ligure datant des IIème et Ier siècles avant J.C. laissant supposer que quelques familles d’agriculteurs vivaient là. On peut apercevoir au bord du plateau un pan de mur, restant d’une chapelle du XIème siècle abandonné lorsque les moines de St Victor s’installèrent sur le plateau du Cengle. Direction vers l’Est, traverser la route et la longer par un sentier quelques centaines de mètres, avant d’attaquer la montée plein Nord, près du parking des Aiguilles. Après 400m et passage d’une petite barre rocheuse, nous rejoignons le sentier balisé qui longe le pied de la Ste Victoire. Prendre plein Est, jusqu’à la grotte-M, sous la Marbrière que l’on aperçoit de loin. Nous y ferons une petite halte avant de poursuivre. A la jonction d’un autre sentier arrivant d’un autre parking de la D17, prendre au Nord puis 50m après à gauche, plein Ouest, le sentier des marbriers, qui a été consolidé par des soutènements en pierre sèche, passage de l’épingle, puis plein Est, avant d’arriver à l’ancienne Marbrière. De beaux points de vue lors de cette ascension, malgré la brume. Le versant Sud de la Sainte Victoire, est un vrai décor de rêve, ou le célèbre peintre Paul Cézanne, nous à laissé en mémoire ces magnifiques paysages aux couleurs et reliefs exceptionnels. A la Marbrière les rochers ont subi aux temps géologiques une très forte compression créant du marbre, qui fut exploité à la carrière. Les blocs sciés, débités et extraits du site étaient descendus par une tyrolienne qui n’existe plus, mais dont il reste les supports des piliers. Nous nous y arrêterons quelques minutes pour reprendre des forces, car la montée se poursuit jusqu’au Pas du Clapier en serpentant au travers d’épineux, petits chênes kermès, verts, et cades (pantalons recommandés), sans grande difficulté. Là, nous prenons la sage décision de ne pas monter à la crête, car nous sommes en limite du brouillard, et comme nous n’avons pas faire de repérage préalable sur ce parcours, nous ne voulons pas prendre de risque. Connaissant bien le parcours, je propose de poursuivre vers le refuge de Baudino, ou nous pourrons déjeuner tranquillement. Poursuite de la montée, puis un replat en dessous de l’Eperon de la Vierge, nous profitons du point de vue sur la Roque Vautarde en dessous, puis nous apercevrons les 2 monolithes rocheux et la falaise du Rocher du Bau des Vespres, au-dessus du refuge de Bodino avant de redescendre au travers d’un petit bois d’épineux, à travers le « maquis », de chênes verts, chênes blancs, et de chênes kermès, de petits pins, de thym, de romarin, de salsepareille, cistes et de genêts. Une dernière ascension pour rejoindre le Refuge de Bodino, il est 12h30, nous aurons mis 2h45, nous commencions à avoir faim. Le refuge de Baudino a été construit par les membres du GUMS en hommage à Barthélémy Baudino qui s’était arrêté là, avant de partir faire la voie qui lui fut fatale. En 1980, le refuge en grande partie détruit par un incendie, est restauré par l’association. Libre d’accès, il est sous votre responsabilité. Nous venons de croiser 3 anglais, qui ont couché au refuge et l’on laissé dans un état déplorable, alors ne faites pas comme eux. Nous ouvrons le refuge pour l’aérer, et décidons de manger dehors. Après une pause bien méritée et un repas copieux, à moitié dans le brouillard, nous ferons un petit tour des lieux, au belvédère du refuge où la vue est exceptionnelle quand la brume se lève, avant de refermer « la boutique ». Le ciel se dégageant, je propose de poursuivre par le Pas e la Torque, jusqu’à l’Ermitage de St Ser. Tous approuvent, nous passons donc par derrière le refuge, par le passage dans les éboulis de Vauvenargues, sous le Vau des Vespres, juste au-dessus du refuge, dans un chaos d’énormes blocs de pierres, avant de prendre le sentier pentu vers le Pas de La Torque. Une fois au pied du rocher, nous sommes sur un plateau avec très peu de dénivelé à travers la garrigue aux senteurs de thym et de romarin, et au milieu des argelas épineux en fleurs. Cette partie du parcours plein Est, sans difficulté, passe au-dessus du Mas Genty, avec en face les lames rocheuses de St Ser. Nous découvrons peu à peu la montée consolidée de murets de pierre sèche et la terrasse belvédère de St Ser, où nous ferons une petite halte pour admirer le paysage sous le soleil. Après la photo souvenir. Encore une petite centaine de mètres pour atteindre l’Ermitage de St Ser.
Chapelle de l’Ermitage de St Ser
« Bâtie dans le prolongement d’une grotte, elle perpétue le souvenir de l’ermite qui, au Vème siècle, vint chercher refuge en ces lieux. La tradition veut qu’un ermite, venu de Lyon, mena dans ce décor une vie frugale, toute de contemplation et de prière. Le nom qui nous est parvenu, Ser, vient du latin servus qui signifie serviteur (de Dieu). La réputation de sainteté de cet ermite amenait vers lui de nombreux visiteurs ce qui portait ombrage à Euric, souverain Wisigoth qui régnait sur la Provence. Le roi décida de faire périr l’ermite un jour de l’an 484. Servus eut les oreilles tranchées avant d’être décapité. La chapelle fut consacrée le 5 janvier 1001 par l’évêque d’Aix-en-Provence. Elle connut au fil des siècles des périodes de ruines et d’abandon en alternance avec des périodes de ferveur et de renouveau. Un pèlerinage avait lieu annuellement jusqu’à la démolition de la chapelle en 1993 à la suite de chutes de rochers. La chapelle Saint-Ser a été reconstruite à l’occasion de son millénaire, après avoir réalisé les purges et les ancrages préconisés par une étude technique. La chapelle a de nouveau été bénie, le 4 juin 2001, par l’Archevêque d’Aix-en-Provence dans le cadre d’une manifestation qui a attiré un public considérable. Cette reconstruction a permis de relancer le pèlerinage traditionnel de Saint-Ser, abandonné depuis la destruction de la chapelle. L'ancien ermitage est devenu maintenant le but recherché pour les promenades de marcheurs, fidèles ou touristes locaux et internationaux attirés par l'environnement et la beauté exceptionnelle du site ».

Après une visite des lieux, la découverte de la source qui sourd, derrière la chapelle et sort sur la droite de celle-ci, dans un petit bassin, nos 2 explorateurs monteront jusqu’au-dessus de la Chapelle pour découvrir le passage du câble qui permet de franchir une plaque rocheuse et de poursuivre vers la grotte des champignons et de gagner le Col de St Ser.
Après une petite halte de recueillement nous prenons le sentier qui gagne en bas l’aire d’atterrissage des parapentes, et l’hôtel-restaurant de St Ser au-dessus de la D17. Nous la longerons un petit kilomètre, jusqu’à la cascade de Suberoque, de là nous prendrons un sentier parallèle entre la route et la Ste Victoire, passage devant un petit oratoire, le Collet Blanc de Suberoque, au-dessus du Mas de la Coquille, avant de traverser un peu plus loin la D17 pour regagner le parking de la Maison de la Ste Victoire. Nous pourrons admirez qui brillait de toute ses variations de couleurs peintes par Paul Cézanne.
« Orientée d'Est en Ouest, elle présente, au sud, une face abrupte dominant le bassin de l'Arc tandis qu'au Nord, elle s'abaisse doucement en une série de plateaux calcaires vers la plaine de la Durance. Un saisissant contraste oppose le rouge franc des argiles de la base au blanc des calcaires de la haute muraille, notamment entre le Tholonet et Puyloubier. Malgré un incendie en 1989, la Sainte-Victoire reste un lieu de promenade et d'escalade très prisé. De nombreux itinéraires permettent d'accéder au Prieuré du XVIIème, à l’Ermitage de St Ser, buts de pèlerinages, à la Croix de Provence, au Pic des Mouches, son sommet à 1011m, où, de là, la vue embrasse un magnifique panorama sur les montagnes provençales et les plaines vallonnées du pays d'Aix ».
Cette journée commencée avec la brume, donnant une allure fantomatique à la Ste Victoire, se termina magnifiquement sous le soleil, comme l'avait peint P.Cézanne.