Résumé de : Murs-Ravin de Vezaule-Gorges et Moulins de Véroncle

Parcours de 11.5 km - Niveau 3 - pour bons marcheurs. Bâtons conseillés
Quelques petites difficultés de franchissement : passage de 2 échelles et une descente de 5m avec câble en petit surplomb.
Circuit en 8 le matin au soleil, l’après-midi plus au frais au fond des gorges.
Durée 4h30 à 5h00 + 3/4h de pause déjeuner. Dénivelé : 268m. Dénivelé cumulé 640 m.
Emportez suffisamment d’eau 1,5 lit./personne. A ne pas faire lors de périodes pluvieuses et l’été.


C’est par une belle journée, que nous nous retrouvons, pour un circuit moins classique des gorges, qui permet de faire les deux côtés du Ravin du Véroncle, avec des points de vue plongeant sur les gorges. Départ en dessous de Murs près de l’ancienne station de pompage. Prendre la piste de terre sur la gauche qui monte au lieu-dit Les Charlottes. Nous apercevrons derrière nous le village de Murs et découvrirons sur la droite, une petite cabane de berger avant d’arriver à l’ancienne ferme des Chalottes « Lou Sassa », (l’écope en provençal), attention propriété privée. Nous la contournerons et rattraperons le sentier à gauche près du poteau électrique, en bordure de forêt en direction du Sud, pour longer une prairie entre la forêt et la route du camping. Sur la droite en bordure de forêt, la borie brune bien conservée accolée aux ruines d’une ancienne ferme avant de rejoindre la piste près de la citerne 117, en dessous du camping, puis la station météo de Météo France. 250 m plus bas nous arrivons à la croisée des chemins-La Lauzière, prendre à droite le sentier vers le Véroncle-0,8km, il serpente dans la garrigue, passage près des ruines d’un abri de berger, avant de descendre et rejoindre le Ravin de Véroncle, au Moulin de Jean Mare. Nous admirons le panorama plongeant sur les gorges profondes creusées par cette rivière que les hommes ont dû dompter pour produire leur farine. Il y a un peu d’eau dans le ruisseau que nous traversons à pieds secs, en face au pied d’un éperon rocheux, l’extension du Moulin Jean Mare-I. Nous remontons sur le versant opposé, un peu en hauteur se trouve les ruines de ce Moulin, avec sa citerne d’eau recouverte d’une voûte, et dont la cuve a été creusée dans le rocher. Les plus courageux monteront sur l’éperon rocheux en contournant par derrière le moulin, d’où nous aurons un magnifique panorama sur les Gorges. Nous poursuivrons ensuite le sentier qui monte en corniche et rejoint le Ravin de Vézaule. Nous aurons sur une bonne partie de l’ascension, une vue plongeante sur les falaises creusées de baumes, et sur la roche percée. Au passage un abri sous roche en dessous du sentier est visible. Au bord du sentier, au belvédère, un tableau explique l’origine et la formation du Grand Méandre et son occupation par l’homme. A la croisée des chemins-Vézaule, nous prenons à gauche, jusqu’au 2ème panneau explicatif, sur le sentier de découverte du Moulin de Jean Mare, juste 50m avant de rejoindre la route D15. En face beau point de vue sur le village de Gordes. Nous prenons la piste à gauche, (sans rejoindre la route), qui descend lentement les plateaux de Vézaule et de la Regagnade recouverts par la garrigue, et rejoint après 1,5 km le bord du Ravin de Véroncle. Beaux points de vue sur le Luberon en face, Roussillon, la vallée du Calavon, et Gordes à droite. Encore 500m, nous prenons le 1er sentier sur la gauche (balisé par un petit cairn et balise jaune), qui descend vers le Véroncle, après le passage d’une petite échelle dans le sous-bois, nous rejoignons les Gorges au Moulin de Cabrier.
De là, nous allons remonter sur toute sa longueur, le Ravin de Véroncle, sur 5 km environ, en nous engageant dans le lit du ruisseau et le remontant, tantôt rive droite, tantôt rive gauche, en suivant le balisage jaune puis bleu. Le chemin devient très encaissé et passe devant toute la série des moulins ruinés pour découvrir les vestiges d’un passé qui s’arrêta en 1905, quand le dernier des moulins cessa de fonctionner. Le 1er Moulin des Grailles, restauré et propriété privé, se trouve un peu plus au Sud, mais ne peut se visiter.
Une dizaine de moulins à farine, à eau, ont été construits à partir du XVIème et fonctionnèrent jusqu’au début du XXème siècle. Ces témoins, d'une mise en valeur par l'homme dès le XVIème siècle, sont un exemple d'utilisation optimisée de l'énergie hydraulique et s'échelonnent au fil du ruisseau. Un remarquable travail de la pierre taillée avec des conduites forcées, des resclauses, des canalisations, des meules, des encadrements de portes, de fenêtres et des barrages, des constructions qui ne peuvent laisser indifférent, dans ces lieux difficiles d’accès, mais, oh! Combien magnifique. Peu à peu la vallée s’élargit avant d’aboutir au dernier moulin restauré « le Moulin des Etangs » (propriété privée et restauré), puis à des prairies. Nous longerons celles-ci, pour parvenir à la piste qui nous ramène à l’ancienne station de pompage de Murs.

La visite du village de Murs peut se faire après la randonnée. Murs, est un vieux village provençal, près de Gordes, dont le château (privé, ne se visite pas) du XVème et l’Eglise romane du XIIème siècle, dominent le village. A côté, découverte de la Maison natale de Crillon le Brave (maison du XIIIème), homme d'armes d’Henri IV au XVIème siècle, qui participa, entre autres, à la bataille de Lépante (1571). Flânez dans les ruelles de ce village de pierre en pleine restauration, passer à la fontaine et au lavoir pour vous rafraîchir, les femmes ferons les lavandières, et vous les arroseurs, vous découvrirez dans la rue principale, une vieille pompe Dragor à chaîne et godets.
Rendez visite en dessous du village, au chêne pluri centenaire qui fût planté sous Charles V (6,80m de circonférence, diamètre près de 2,20m, 34m d’envergure, 24m de haut).
Vous pourrez finir cette journée bien remplie, par un arrêt au seul café du village, pour prendre un rafraîchissement bien mérité. Retour par Gordes et un arrêt au belvédère de la cité de pierre.

Histoire du barrage et des moulins de la Combe de Véroncle.
« Les moulins de la combe de Véroncle sont perdus dans la végétation. Les guerres de territoires et de religions n’empêchèrent pas, dans le même temps, le développement des villages de Murs et Gordes, notamment avec la construction d’un vaste complexe hydraulique dans la combe de Véroncle, au sud-ouest du village de Murs. La première mention connue des Moulins supérieurs, situés sur la commune de Murs est de 1508. D’après la légende, le chemin reliant Murs à Gordes par le Ravin de Véroncle, était depuis longtemps fréquenté par des contrebandiers du sel (les faux-sauniers), et le refuge des fabricants clandestins de poudre noire. Les moulins qui le jalonnent ont, paraît-il, cessé peu à peu toute activité, après un détournement des cours d’eau, dû aux séismes de 1887 et surtout celui de 1909 - ont asséché le Véroncle, comme la Sénancole. Tous sont tombés en ruines, certains ne sont plus lisibles sur le terrain, d'autres ont été restaurés pour devenir des maisons d'habitation. Ce grand nombre de moulins sur un si petit ruisseau ne signifie pas abondance d'eau, mais au contraire un faible débit, chaque goutte d'eau étant utilisée 10 fois. Le dernier moulin (le plus proche de Murs), a rempli sa fonction jusqu’à l’aube de la guerre de 1914-1918. Il est aujourd’hui, propriété privée, transformé en résidence secondaire. Un barrage toujours visible avait créé une retenue d'eau - Les étangs - maintenant comblée par les alluvions.
Entre 1546 et 1584, Aymar d’Astouaud fit édifier, ou reconstruire, au débouché de la combe de Véroncle, un barrage de 132 m2 destiné à fermer le lit du ruisseau. Cet ouvrage, désigné sous le nom de Barrage des Étangs, et dont d’importants vestiges subsistent aujourd’hui, formait un petit étang de pêche en contrebas du village de Murs et permettait d’alimenter en eau les dix moulins en aval, le long du ruisseau. Ces moulins, dont quatre sont situés sur le terroir de Murs ont été bâtis dans la seconde moitié du XVIème siècle et fonctionnèrent jusqu’à la fin du XIXème siècle.
Ces moulins avaient des rodets (roues entrainées par l'eau) horizontaux, mieux adaptés aux faibles débits que les roues de moulins verticales, comme on en voit à L'Isle-sur-Sorgue ou aux Taillades. Plus faciles à fabriquer aussi, le rodet entraînait directement la meule, sans engrenages.

On trouve d’amont en aval :
-Le barrage des Étangs (Murs) le plus au Nord, au sortir de la combe de Véroncle.
-Le moulin des Étangs (Murs) transformé en maison d'habitation. Un peu en amont, le barrage des étangs est bien visible. L'étang que formait le barrage est maintenant comblé par les alluvions.
-Le moulin du Dévissé (Murs) est lui en mauvais état.
-Le moulin de la Charlesse (Murs) Il est en mauvais état, et surtout intéressant par son mur de force et l'entrée du canon.
-Le moulin du Puits de Cata (Murs) du nom de l'aven à proximité. Il ne reste plus que le canon, moitié creusé dans la pierre, moitié bâti en pierres de taille. Quelques traces montrent qu'il pouvait avoir une roue verticale, contrairement aux autres.
-Le moulin Jean de Marre I (Gordes) est aussi le plus grand, car il est aussi une ferme a 3 niveaux, et des annexes - Ecurie ou grenier. Sur la porte du bâtiment le plus ancien, une date : 1727 et les initiales U.B. Ce doit être la date d'une extension ou d'une réparation, le moulin datant du XVIème siècle. Jean de Marre est desservi par un chemin passant par le ravin de Vézaule, qui rejoint la route de Murs où un panneau raconte le moulin.
-Le moulin Jean de Marre II (Gordes) appelé aussi moulin Gruaire, est en mauvais état. La chambre des eaux est à moitié écroulée, le béal se devine, et la chambre d'amenée d'eau est comblée.
-Le moulin Cabrier (Gordes) permet de voir le système technique d'entraînement de la meule. La puissance développée par un de ces mécanismes, ne devait pas dépasser celle d'un cyclomoteur. Cette faible puissance ne pouvait être obtenue qu'au prix d'un très gros travail de construction de barrages, de canaux, de moulins, dans des endroits difficiles d'accès. Un tableau didactique en explique le système de fonctionnement et d'alimentation en eau du Moulin de Cabrier
-Le moulin des Grailles I (Gordes) grande bâtisse que l'on trouve en bas des gorges de Véroncle, est transformé en habitation.
-Le moulin des Grailles II (Gordes) n’existe plus, a pratiquement disparu
-Le moulin des Cortasses (Gordes) n’existe plus, a pratiquement disparu.
Les deux moulins les plus en amont, les moulins des Étangs et du Dévissé ont respectivement été construits en 1581 et en 1573. Il s’agit de moulins à céréales bâtis sur le même plan. Un canon (ou gourgareu) dont le vestige le mieux conservé se trouve dans le moulin du Puits de Cata, permettait d’acheminer l’eau du ruisseau jusqu’à un « rodet » qui, en tournant, mettait en mouvement la meule courante, produisant ainsi de la farine qui était acheminée grâce au chemin muletier serpentant au fond de la combe. Les meules sont encore visibles dans de nombreux moulins, notamment dans le moulin du Dévissé.
Contrairement aux moulins de Gordes qui appartenaient à des particuliers, les quatre moulins de Murs étaient la propriété du seigneur.
On est frappé par l'importance de l'investissement effectué pour construire ces 10 moulins, qui servaient à moudre le grain de Murs et de Gordes. Les moulins de Fontaine de Vaucluse étaient bien plus productifs, grâce à l'abondance de l'eau de la Sorgue, mais ils étaient loin. Ce qui n'est aujourd'hui qu'un court trajet en voiture prenait une journée de mulet par de mauvais chemins. Il était certainement moins coûteux de construire des moulins à vent, et il faut croire que les moulins à eau, leur étaient bien supérieurs, malgré la rareté de l'eau, pour que le choix se soit porté sur eux. Ces moulins sont un témoignage de la période qui a précédé la révolution industrielle (Machine à vapeur, chemin de fer, électricité...). Les derniers d'entre eux à fonctionner, à la fin du XIXème siècle, ont été les contemporains du train, des premières automobiles, ce qui montre le retard à la modernisation de ces zones à l'écart ».