Résumé de : Aureille-Crête du Gd Bahis-Vigie-Barres Rouges-Bergerie Romanière-Rnes Château

10.7/11 km - Dénivelé : 355 m - Dénivelé cumulé : 620 m
Durée : 4h30 + 1/2h visite +1h00 déj -. Niveau difficile, bâtons conseillés.
Pour bons marcheurs, ce parcours se fait en grande partie hors des sentiers battus.

Quelle journée. La Crête du Grand bahis par le sentier du gibier et des chasseurs, la moitié en hors piste, ça c’est une idée originale de Gérard. Avec Gérard tout est facile, enfin, presque, dur, dur…
Mais que c’était beau, après l’effort, le réconfort et que de belles images et bons souvenirs.
Elles l’ont dit, celle là, on l’a faite…Na ! Bravo les filles.

Départ du parking de l’Eglise d’Aureille, au pied des ruines du château, près de la Tour de l Horloge. La météo annoncée doit être exceptionnelle et elle le sera. Un léger Mistral souffle mais nous sommes bien habillés, c’est parti à travers les ruelles du village, avant de rejoindre le GR6 qui passe le long du cimetière. Ça démarre fort à 5 km/h, car le dénivelé est faible, nous passons devant l’enclos des taureaux camarguaises, des Tardières. Au bout de l’enclos, nous quittons le GR6 en prenant le sentier à gauche qui monte plein Nord, face au Grand Bahis. Les propriétaires des taureaux sont en train de leur donner du fourrage, et nous disent qu’il n’y a plus de chemin plus haut. Elle a raison, mais connaissant le parcours, je lui réponds de ne pas s’inquiéter pour nous. Ça commence par un éclat des couleurs printanières, les globulaires, les narcisses de poètes, le romarin, les iris sauvages, le thym, les argelas sont en fleurs et c’est un magnifique mélange de couleurs. Le sentier se réduit peu à peu, devient une sente, qu’il faut deviner, jusqu’à une ancienne bergerie constituée d’un muret de pierres en arc de cercle qui a été en partie comblé. Nous poursuivons en aveugle, car la trace disparait et gagnons la ligne de crête au milieu d’une végétation courte de chênes verts et kermès, cistes, globulaires et romarin. Pantalons long obligatoires et eau en quantité suffisante, s’il fait chaud, et à ne pas faire en été. Le paysage est superbe, le ciel d’un bleu azur au-dessus de nous, une légère brume sur la plaine avec une vue imprenable au Nord. Nous ferons quelques pauses pour reprendre notre souffle pendant l’ascension, car ça grimpe sec par moment. Nous avons la barre rocheuse des Civadières, sur notre gauche et à droite, au Sud la plaine de la Crau jusqu’à la mer, à l’Ouest, derrière nous, Aureille, et ses champs d’oliviers, jusqu’à la Camargue, et à l’Est, l’Etang de Berre, le Luberon et les Monts de Vaucluse. Nous arrivons au point 416, face à la Tour des Opies, à la brèche, là, où nous étions descendus en 2008 avec quelques amis, pour rejoindre le vallon des Opies, à travers une broussaille très dense et impassable. Mais après mon repérage du 10 janvier dernier 2011, j’ai trouvé un passage beaucoup plus facile, presque tout droit, avec un repère un gros bloc rocheux qui dépasse au fond du ravin dans l’axe de notre arrivée. Pour cela il faut d’abord monter un peu en prenant légèrement sur la droite de la brèche, en contournant le petit cirque à droite, par une sente sous la ligne de crête qui se faufile dans la garrigue. Après c’est la descente, vers ce gros bloc de rocher au fond du ravin, et la remontée sur l’autre versant en direction d’une aiguille rocheuse. Une sente permet de rejoindre à mi-hauteur en face le sentier qui monte à la vigie, avec cette fois une vue sur les Préalpes et le Mont Ventoux. La vue porte à plus de 30 km, malgré la brume. Un dernier effort, et nous atteignons le sommet à midi et demi. Un petit tour d’horizon et visite des lieux, nous comprendrons pourquoi, cette vigie, fut construite pendant la guerre de 1939-45, par les allemands, car elle servait d’excellent poste d’observation. A l’intérieur les restes d’une citerne, réserve d’eau, permettait de récupérer l’eau de pluie de sa toiture. Nous redescendrons sur une terrasse panoramique 100m en contrebas, bien abritée et au soleil pour déjeuner. Après un bon repas, et une bonne récupération, nous reprendrons notre chemin, sur le plateau des Opies vers l’Ouest, puis le sentier du Ravin du Grand Bahis plein Sud, sur la droite des Barres Rouges, sous les anciens poteaux électriques métalliques qui alimentaient la vigie, (balisage rond orange). Le chemin est très escarpé et en pente raide à 45° sur 150m de dénivelé. Nous descendrons tout « chussss », enfin presque, au pied des Barres rouges, assez impressionnant au départ, mais avec application et attention, nous arriverons sans difficultés, en prenant notre temps, au pied de ce mur. Un coup d’œil en arrière, nous offre un magnifique panorama sur le versant Sud des Opies. Après 200m de descente, il faut prendre une sente à gauche (juste un petit cairn de repère ou mieux marquer le point GPS), Direction Sud-est, une petite remontée avant de rejoindre à travers la garrigue le dessous de la barre rocheuse du plateau des Opies. Après 300m arrivée au Collet des Opies, prendre à gauche plein Sud sur la crête des Barres Rouges, le sentier ne présente aucune difficulté. De beaux points de vue au Nord sur la formation rocheuse des Opies avec ses plissements, ses strates … et au Sud sur la Plaine de la Crau, jusqu’à Fos-sur-Mer. Le sentier traverse de beaux paysages de garrigue en fleurs pour gagner le ravin de la Romanière, là aussi, sur un parcours sans difficulté qui rejoint la grande auge-2 près de la Bergerie de la Romanière. Nous y ferons une petite halte.
Bergerie de la Romanière :
« La Bergerie de la Romanière daterait du XVIème ou XVIIème siècle. Comme les quelques bergeries isolées au milieu du Massif des Alpilles, elle servait la nuit à protéger les troupeaux ovins des animaux prédateurs, et du mauvais temps. Elle n’est plus utilisée depuis près d’une centaine d’années. Bien que remarquable, par son architecture en voûte semi-enterrée, elle n’en est pas moins fragile et donc dangereuse (ne pas monter dessus) ».
Le Pastoralisme dans les Alpilles
« Les troupeaux ont bénéficié jusqu'au début du XXème siècle de l'intense exploitation des menus produits des forêts et garrigues du massif des Alpilles, qui maintenait un milieu accessible aux animaux sur la majorité de l'espace. La surexploitation par le pâturage était ainsi la règle, qui eut son apogée au milieu du XIXème siècle. L'année 1956 va marquer un temps d'arrêt pour les pratiques pastorales : l'interdiction du pâturage sur les terrains communaux par les services forestiers, suite aux dégâts du gel sur les arbres, qui accélère de façon brutale la déprise des activités humaines sur les collines. Le ralentissement du pâturage après 1956 et le développement économique de l`après-guerre ont très vite abouti à une diminution importante des bergers et des troupeaux. La forêt a alors très largement repris ses droits, s'est densifiée et élargie. Ces conditions ont été le prélude au grand incendie d'octobre 1989. À la suite de quoi un syndicat intercommunal est constitué pour l'aménagement sylvo-pastoral du massif des Alpilles. Son objectif est de réintroduire le pâturage et de réduire la combustibilité de la végétation sur des secteurs stratégiques pour la Défense des Forêts Contre l'incendie. Une trentaine d'éleveurs (essentiellement ovins, mais également bovins et caprins) sont aujourd'hui impliqués dans le dispositif. Ils valorisent annuellement près de 4000 hectares de parcours l'intérieur du massif ».
Nous contournerons les Barres Rouges, vers l’Ouest par le GR6, en direction d’Aureille, jusqu’à l’auge-1 en pierre du grand abreuvoir réalisé par le Parc Régional Naturel des Alpilles en partenariat avec les acteurs du territoire, en bas du Vallon du grand Bahis. Retour par la piste, du GR6 à travers les Plaines recouvertes de fleurs, iris jaunes, lilas et mauves, globulaires au pied du Grand bahis dont nous avons parcouru la crête ce matin, puis nous repasserons devant l’enclos des taureaux, des tardières, avant de rejoindre le cimetière. Là, nous prendrons la piste à droite, qui passe derrière le cimetière, puis monterons aux ruines du château, avec de beaux points de vue sur le village d’Aureille et ses champs d’oliviers, la Plaine de la Crau, les Alpilles, la Barre des Civadières, le Grand Bahis, et la Tour des Opies. Pour terminer cette journée, un tour dans les ruelles du village en passant devant sa Tour-Clocher et sa belle Fontaine moussue avant de regagner la place de l’Eglise, à la sortie des écoles. Nous y ferons une petite visite, pour clore cette randonnée.
Une très belle journée de rando, avec de magnifiques points de vue dans un rayon de plus de 30 km. On aurait presque pu bronzer à la Vigie.