Résumé de : L'île d'Ouessant du Port du Stiff à Lampaul par le sentier côtier Nord

Camaret-l'île d'Ouessant, joyau du bout du monde

Parcours 18.5 km - Durée 5h45 + 1h00 déj. +1/2h visite Lampaul
Difficulté moyenne – Dénivelé 60 m – Dénivelé cumulé 610 m
Retour entre Lampaul et le Port du Stiff en bus.


Le temps d'une journée, nous allons partir à la découverte de l'île d'Ouessant. Après les formalités d’embarquement, départ de Camaret, nous empruntons les vedettes rapides, longeons la Pointe St-Mathieu avant une courte escale au port du Conquet. De là, nous mettons le cap sur l'archipel de Molène et l'île d'Ouessant. Entre les deux, assailli par les flots, se dresse le phare de Kéréon.
L’île d’Ouessant est située au Nord-ouest du Finistère. D’une superficie de plus de 1500 hectares, l’île fait 8 km de large sur 4 de long. Ouessant se trouve à environ 25 km du continent et compte environ 850 habitants, mais 150 000 visiteurs.
La traversée fut quelque peu agitée à l’aller en raison du vent, des forts courants, des hauts fonds, et de la rencontre entre la Manche et l’Atlantique… qui sévissent en ces lieux. Après 1h15, à plus de 20 nœuds par moment (37 km/h) et une escale, quelques maux de mer, parmi les passagers, nous arrivons à bon port, au port du Stiff, le port principal de l’île.
Nous allons découvrir par le sentier des douaniers, toute la côte Nord, sauvage, découpée et balayée par le Noroît, avec ses nombreux écueils d’où l'importance de4 de ses phares...
-Le Stiff qui surplombe l’île dans sa partie la plus haute, avec la tour radar.
-Le Créac’h, c’est le 2ème phare le plus puissant du monde. Situé sur la côte Ouest de l'île, il guide les navires dans le rail d'Ouessant. Il abrite à ses pieds le musée des phares et balises
-La Jument au large de la pointe de Porz Doun, ce phare est classé dans la catégorie des enfers (phare de pleine mer)
-et le Nividic à la pointe de Pern, il a été automatisé en 1959.
« Barrée d’écueils et battue par les courants du Fromveur, Ouessant s’est toujours construit un monde à elle, rythmé par les tempêtes, plus proche de l’univers de l’Océan que de celui des hommes.
Des hommes nés marins, et des siècles durant, morts en mer, loin des leurs, honorés par le rituel du Proëlla. Des hommes, bravant au péril de leur vie, les parages de l’île dangereux, pour effectuer des actes de bravoure. Des femmes s’employant à l’élevage des moutons, à la filature et à la culture, tandis que les hommes naviguent. Des femmes pour qui Ouessant reste leur fief : « L’Ile des Femmes ». Un peuple de traditions et de piété dont la vie est tissée sur une trame de malheurs …les naufrages. Une terre en liberté animée par les ailes des moulins…et traversée par les oiseaux …Une île, dont l’agriculture a façonné les paysages …Une île attachante offrant ses côtes à la violence des vents et aux tempêtes légendaires… ».

« Au départ du Port du Stiff, vous allez découvrir par le sentier des douaniers, la côte Nord, où l’Océan a sculpté les blocs de granit au fil des siècles, où le terrible vent du large a dessiné des rochers aux formes étranges sur cette côte sauvage... Un paysage unique au monde !!!
L'île d'Ouessant, au climat de France le plus doux l'hiver, est le paradis des amoureux de tranquillité et d'isolement, ainsi qu'une réserve ornithologique naturelle... vous pourrez y observer les goélands argentés, les fous de Bassan, les pétrels Fulmars, les Huîtriers pies et autres oiseaux marins, mais aussi les phoques et même les dauphins.
Sa terre plantée de landes et d'ajoncs, parsemée çà et là de quelques fleurs sauvages, ses chemins bordés de murets, ses étendues d'herbe drue où paissent les moutons, ses pointes battues par les vents où des phares emblématiques se dressent héroïquement, en font un lieu propice aux promenades et à la contemplation ...Au détour d'un chemin vous rencontrerez sûrement une ruine de moulin, un mégalithe ou un calvaire, à moins qu'une vieille maison en pierres aux volets bleus vous ouvre sa porte...Et pour une vue de bout du monde époustouflante allez jusqu'à la Pointe de Pern, dépaysement et frissons garantis... »

Une fois descendus du bateau, nous suivons la foule des presque 200 randonneurs débarqués. Mais à contrario de tous, à la fontaine lavoir à 200m du port, nous sommes les seuls à prendre à droite, une piste fraichement tondue, où nous débusquerons quelques lapins. Elle mène à la Pointe du Stiff, où son phare a été construit sur le point culminant de l'île en 1695, sur l'initiative de Vauban, il fut allumé en 1700. Il est aujourd'hui télé-contrôlé par le Créac'h. C'est l'un des plus anciens phares encore en service en France, il est actuellement en restauration. Tout proche, le Sémaphore du Stiff, propriété de la Marine Nationale, il assure la veille visuelle, terrestre et aérienne du littoral d’Ouessant. La Tour Radar du Cross Corsen, à proximité, assure quant à elle, la surveillance radar. De plus de par sa position, c’est un poste de référence en matière d’observations météos. Après les bâtiments, les ruines de blockhaus, restes de la dernière guerre. Nous passerons devant la petite maison du Stiff avant d’obliquer vers l’Est pour contourner la Baie de Toull Auroz. C’est du haut des falaises couvertes d’une lande rase de bruyère et d’ajonc, de fleurs, comme l’armérie et le silène maritime, que nous allons poursuivre à 50m au-dessus d’un océan d’un bleu à faire pâlir les gens du midi, sous un ciel méditerranéen, on se croirait dans les calanques de Marseille !!! Direction la Pointe de Cadoran, et ses îlots, ses paysages majestueux, spectaculaires, avec ses hautes falaises ciselées par l'océan donnent la puissance des éléments. Pour la 1ère fois nous pourrons observer des phoques en pleine partie de pêche dans la baie de Béninou. Le sentier côtier longe la baie, où l’on remarque de nombreux filets d'eau qui s'écoulent de la falaise. Ils alimentent les fontaines et les lavoirs des environs, remis en état. Nous nous arrêterons pour la pause déjeuner au Fort de Béninou, ou Fort du Kernic. C'est le même type de fort que celui qui se trouve sur la pointe de Pern. Construit sous le Second Empire, il servait à protéger l'île. Nous aurons droit au spectacle des goélands argentés en quête de nourriture, qui nous entourèrent comme dans le film d’Alfred Hitchcock « les oiseaux » ou les pigeons sur la Place Bellecour de Lyon. Nous poursuivrons vers la Pointe de Penn ar Ru Meur en face de l’île Keller, séparée d'Ouessant par une passe parcourue par de violents courants qui la rendent presqu'inaccessible. Le bâtiment qui s'y trouve bâti date de 1912, est une ancienne bergerie, rachetée et restaurée, elle est aujourd’hui, propriété privée. A droite de la Pointe de Penn ar Ru Meur, la petite baie de Calgrac'h et son petit port face à l'île Keller. À marée basse, on peut voir les vestiges du Mykonos, qui fit naufrage en 1936.
Poursuite le long du sentier côtier vers une autre pointe, celle de Corn Héré, une des plus spectaculaires de l’île avec ses rochers érodés frappés sans arrêt par les vagues arrivant du large, une bouffée d’air iodé face au grand large. La côte sauvage balayée par le Noroît permet d’observer les goélands, fous de Bassan, pétrels fulmars, huîtriers-pies et autres oiseaux marins. Plus loin, Poul Brigid, un petit lavoir reconnaissable à la porte bleue qui ferme sa fontaine. En tournant à gauche du lavoir, on rejoint le village de Niou Izella. Où se trouve l'écomusée du Niou, qui regroupe des maisons ouessantines typiques avec leur intérieur traditionnel et un musée sur les usages anciens ainsi que son ancien moulin. Les moulins familiaux, qui se comptaient par centaines, permettaient aux habitants de l'île de moudre leur orge. La plupart des petits moulins ont été détruits dans les années 1926-1939. Celui-ci est le Gouzoul, un des seuls rescapés. Le phare du Creach que nous avons en point de mire depuis le déjeuner n’est plus qu’à quelques encablures, Le phare du Créac’h, son géant bienveillant, est un des plus puissants au monde. En se dirigeant vers le phare, on passe devant le cimetière des Anglais, installé à cet endroit après un naufrage au début du XIXème siècle. Avant le phare se trouve un petit pont qui relie l'île à une corne de brume. Le phare lui-même fut construit entre 1860 et 1862 à 70m il domine la mer. Il assure la sécurité des navires passant au large d'Ouessant, sa portée est de 53km. Créac'h signifie « promontoire ». Il a été allumé en 1863 et électrifié en 1888. Il balise une route maritime très fréquentée (50 000 bateaux par an). À l'emplacement de son ancienne centrale électrique se trouve aujourd'hui le Musée des Phares et Balises. A 120m du phare, sur un rocher promontoire une poutre haubanée de 30 m fut construite en 1912, pour l’installation d’une cloche sous-marine immergée à 7 m de profondeur, destinée par ses sons à signaler aux navigateurs, la proximité des récifs par temps de brume. Le dispositif souffrant des embruns et paquets de mer se dégrada rapidement et l’on décida de le supprimer en 1919. Poursuite vers la Pointe de Pern, où se trouve un amer, un rocher peint en blanc qui sert aux marins à se diriger en évitant les écueils. Ce rocher est classé, ainsi que tous les autres se trouvant sur la pointe. Là se trouvait une ancienne corne de brume, fonctionnant à la vapeur, appelée Trompette à manège de Porz Aziou. Pour suppléer les phares électriques les plus puissants, qui n’arrivent pas à percer la brume, il est décidé de construire en 1866 cette corne de brume, placée au-dessus d’un réservoir d’air comprimé, alimenté par un compresseur, actionnée par 4 chevaux. Un 2ème bâtiment à la pointe, en ruines date du XIXème siècle. C'est une ancienne corne de brume qui était actionnée par un manège. Le système de manège fut remplacé en 1885 par la vapeur, étant donné que les gardiens du phare étaient obligés, en cas de brume, d'aller chercher sur la lande les chevaux indispensables au fonctionnement du manège, ce qui prenait trop de temps. Elle fut remplacée par une machine à vapeur en 1885 à la Pointe de Pern.
De cette pointe nous pourrons voir le Phare de Nividic et ses deux pylônes. Il fut construit entre 1912 et 1936. Il a été arrêté en 1941, puis réhabilité et automatisé en 1959. Jusqu'en 1972, il est alimenté en électricité par le Créac'h. C'est la raison d'être des pylônes qui l'entourent et qui faisaient partie du téléphérique qui reliait Nividic à l'île. Aujourd'hui, il est télé contrôlé par le Créac'h.
De la pointe de Pen à l’extrême Ouest de l’île, c’est le retour vers Lampaul, la « capitale » de l’île, dont nous apercevons le clocher, tel un phare. A Loquetas, nous passerons devant le fort de Loqueltas, construit en 1861, dans le but de protéger l'île, le petit port de Bouguezen qui se trouve à 2 km environ de Lampaul. Il est situé à l'emplacement d'une ancienne grotte, puis ce sera un petit détour dans ce village typique, pour y rendre visite à la Chapelle Notre-Dame de Bon Voyage, avec tout près, un ancien moulin à vent à farine. Retour le long de la Baie de Lampaul, avec les ilots de Youc’ Korz et du Grand Truck. Arrivée à Lampaul et ses petits commerces. L'église fut construite entre 1860 et 1867 et dédiée à St Pol Aurélien. Le clocher a été offert par l'Angleterre comme témoignage de gratitude pour l'aide accordée par les Ouessantins, lors du naufrage du Drumond Castle en 1896. De là, nous attendrons la navette bus, pour nous reconduire au Port du Stiff, réservée à l’aller (n’oubliez pas de le faire si vous êtes en groupe).De retour au Syiff nous aurons la chance de voir dans le port un grand dauphin évoluer en toute liberté sous les appels des plongeurs, un habitué des lieux, comme on nous l’a rapporté. Le retour en bateau à Camaret s’effectua sans problème, mer calme, le bateau surfant sur les vagues à plus de 40 km/h.
« Une journée inoubliable dans une nature unique, tonique, festival et concert permanent des oiseaux, parfums de bruyère et ballets des abeilles. De ce monde apparemment paisible déchiré et coloré émerge "l'esprit ouessantin". Alors peu importent les mythes et la réalité, la beauté des paysages et la lumière qui y règne réjouit toujours le promeneur et fait le bonheur des nombreux peintres et cinéastes, écrivains et photographes
Attention, le virus s’attrape très vite car comme dit le dicton: A Ouessant on est bien,
On s'en souvient
Et, …On y revient ! ».