Résumé de : Monieux-Lac-Village-GR9-Gorges de la Nesque-Cathédrale-Portail-Chapelle St Michel

Du Lac de Monieux, au village-les ruines du château et de la chapelle St André, belvédère face au Rocher du Cire, la Cathédrale, remontée des Gorges de la Nesque, Grotte du Castelleras, le Portail, la Chapelle St Michel, retour au lac le 10.09.2013

Parcours 15 km Dénivelé : 170 m Dénivelé cumulé+850 m.
A déconseiller à ceux qui ont le vertige et claustrophobes.
Durée : 6h00 + Pause déjeuner ¾ h. Pour marcheurs aguerris.
Emporter au moins 1 à 1,5 litre d’eau, par temps ensoleillé.

Quelques passages difficiles en corniches, la descente à la cathédrale du belvédère est vertigineuse.
A ne faire qu’en période de sécheresse de la Nesque, ce qui rend possible le passage dans son lit.
C’est en compagnie de notre ami d’Espagne et 2 de ses enfants que nous abordons cette randonnée du vertige, à déconseiller à ceux qui l’ont. Départ du Lac de Monieux en direction du village de Monieux, que nous visiterons. Un petit tour dans les ruelles du village, au Portail Meunier, au belvédère, et à l’Eglise St Pierre, passage au jardin des restanques avant de monter aux ruines de l’ancienne tour du château et de la chapelle St André du XIIème siècle. Un beau point de vue sur le village, le plateau et le Village de Sault, la vallée de la Nesque… Petit retour en arrière pour gagner le GR9, qui monte progressivement la Côte du Renard, d’où l’on a un beau point de vue sur le Lac et l’entrée des Gorges de la Nesque. Au Collet du Renard prendre à gauche pour descendre par le plateau des Nouradas, un petit arrêt à la Ferme de Savournin, si vous cherchez bien vous y trouverez son aiguier, et pourrez apercevoir le Mont Ventoux. Descente par une piste de chasseurs, au vue des guérites de chasse qui la borde (un bon point à l’architecte qui les a construites). Prendre à gauche à la chaîne « propriété privée » car vous tomberiez sur les chiens de la Ferme de Castelleras. Après avoir rejoint la D942, la route des gorges, il faut la suivre 500m vers l’Ouest, mais vous aurez un superbe point de vue sur la Gorge de la Nesque au Grand Virage et ses grottes et baumes creusées il y a des millénaires, par le torrent. Après 500 m nous nous retrouvons au plus beau belvédère des Gorges au-dessus de la Nesque, face au célèbre Rocher du Cire, avec aussi de beaux points de vue, sur les falaises des Cabanes et du Castelleras, et l’Etroit de la Cathédrale. A votre arrivée au belvédère de la Nesque et du rocher du Cire, c’est l’enchantement. C’est ici qu’une stèle a été placée et dédiée à Frédéric Mistral qui a autrefois fréquenté ces lieux magnifiques. Le Ventoux y est visible et vous y verrez nombres de voitures, cyclistes, et randonneurs, car ce lieu est l’un des plus beaux sites de Provence.
«La forme mystérieuse du rocher majestueux du Cire est à l’origine de nombreuses légendes, dont l’une des plus belles, contée dans le journal Germinal en 1912, fut retranscrite dans les Carnets du Ventoux en décembre 1994 : « Un méchant seigneur, appelé Sire de Sicaude, avait fait bâtir une forteresse au sommet du plus haut rocher, afin de rançonner tous ceux qui s’aventuraient dans les terribles Gorges de la Nesque. Il avait une fille, Naïké qui resplendissait de vertus et de beautés. Un jour, Naïké, s’éprit d’un troubadour. Son père, décida de punir les 2 amants : il demanda à ce que le troubadour, soit enfoui dans les entrailles du rocher au pied de la Citadelle et condamna sa fille à errer dans les méandres de la Nesque ». Une autre légende prétend que de nombreuses abeilles sauvages venaient se loger dans les alvéoles naturelles du rocher. Un courageux, surnommé Biquette, se balançait au bout d’une corde pour tenter de recueillir la cire et le miel, d’où son nom : Rocher du Cire ».
Avant d’entreprendre la descente vertigineuse vers la Cathédrale, après une petite pause, nous aurons la chance d’apercevoir, toute une famille de sangliers juste en dessous du belvédère. Départ à 10 m de la stèle dédiée à F .Mistral, juste à gauche, un petit sentier s’enfonce dans les buissons et descend d’abord doucement puis de plus en plus verticalement vers le fond des gorges. C’est tout petit que nous nous sentirons en nous enfonçant dans les entrailles de la Nesque. Tout le monde doit faire très attention, dans les passages difficiles. Nous entamons la descente au fond du gouffre. Du belvédère un sentier descend à 60° d’inclinaison, taillé dans le roc, et gagne très rapidement le fond des Gorges de la Nesque. Il est très mal balisé, seuls quelques cairns indiquent parfois le chemin, surtout ne le quittez pas, car les falaises sont toutes proches et la descente aux enfers n’est pas loin… Franchissement des 2 barres rocheuses à désescalader, de 3 à 5 m de haut, puis la brèche avec le passage sur un bastaing, un sentier parfois en balcon, prenez le temps de vous arrêter au cours de la descente et de regarder autour de vous, c’est sublime, avant de pouvoir respirer et retrouver le sourire au fond de la gorge. La descente s’atténue au milieu d’une petite forêt d’arbres nains, avant de gagner le lit de la Nesque, heureusement asséché, ce qui permet de rentrer facilement dans la Cathédrale du vertige, qui occupe la gorge étroite dans le lit étroit de la Nesque. Un câble tendu entre les 2 rives permet d’aider à franchir le torrent quand il y a de l’eau. Nous remontons quelques dizaines de mètres pour entrer dans la Cathédrale, un espace plus large entouré de falaises verticales de plus de 50m, comme les murs d’une cathédrale, où les sons font écho sur les parois, avec sa grande salle, où juste la lumière du jour y pénètre, qu’il n’est possible de traverser, que lorsque la Nesque est à sec magique. Des tyroliennes ont été tirées pour permettre le passage en hautes eaux.
(Possibilité de remonter sur l’autre versant en face du 1er câble en travers de la Nesque par le sentier balisé bleu, qui contourne, par le dessus, la Cathédrale. Il commence par une montée très raide et après 200 m, il y a une bretelle à gauche qui passe en balcon au bord de la falaise à escalader. Un peu plus loin, il y a un second passage plus difficile de 3 m à franchir, lisse avec le minimum de prises, en surplomb. Ensuite, plus aucune difficulté, le sentier bien dégagé, dans une futaie de chênes et de buis, au fond du Vallat de Saume Morte, rejoint le GR pris à l’aller à la croix rouge).
Ensuite, c’est dans un couloir étroit, creusé il y a des millions d’années par le torrent, un véritable toboggan, qui monte et qui descend, où l’on peut parfois toucher les 2 parois, que l’on finit par arriver au Portail, un étroit passage entre 2 parois verticales, comme un portail d’entrée dans une cathédrale. Nous ferons la pause déjeuner à la sortie de ce lieu monastique et de recueillement, où le silence est d’or. Notre ami ayant une carte ancienne des gorges, nous fait part, que nous avons manqué le sentier qui monte à la Grotte du Castelleras. Elle se trouve entre la Cathédrale et le Portail au-dessus des gorges. Nous décidons de revenir une centaine de mètres en arrière et découvrons en rive droite le sentier, pas très visible au départ, mais balisé, il nous fait remonter, puis passer au pied d’une falaise avec une belle baume, puis contourner par la droite un petit cirque, avant de déboucher, sur un sentier qui remonte vers le belvédère. Il y a a cet endroit un grand cairn, il faut prendre la sente à gauche et la suivre une centaine de mètres, elle passe au bord de la falaise de la cathédrale, et débouche sur l’immense grotte du Castelleras, bien cachée qui domine les gorges, une baume de 50m x 20m de profondeur environ, superbe. Retour dans le lit de la Nesque, que nous allons remonter, jusqu’au lac. Le sentier mal tracé, passe par le grand virage, un endroit de verdure superbe, au parcours parfois facile, parfois encombré par des blocs de pierre, des troncs d’arbres, des chutes d’eau, des vasques d’eau, qu’il faut contourner, tantôt en rive droite, tantôt en rive gauche du lit de la Nesque, pour rejoindre rive droite, un monument unique, la Chapelle St Michel, construite au XIIème siècle, sous une baume de la falaise.
« La chapelle troglodytique de St Michel, de forme rectangulaire possède une curieuse toiture à deux pentes en tuiles, qui la protège des ruissellements d’eau sur la roche, et vient se blottir sous le plafond de la baume. Son cœur cintré, orné d’une statuette représentant un cippe d’époque romaine sur l’autel, recouvert de petits papiers écrits, déposés par les fidèles des lieux. Elle fut restaurée en 1643 et ornée de fresques dont on distingue encore les motifs. Cette chapelle blottie au creux d’une baume, fut un haut lieu de pèlerinage au Moyen-âge, mais l’endroit a été occupé bien avant, des vestiges archéologiques découverts dans les 2 autres baumes supérieures, en attestent. L’accès se faisait par une échelle de bois à la 1ère, et par un orifice circulaire taillé dans la roche pour la 2ème. C’est au XIème siècle que l’on voit apparaitre la mention de la chapelle St Michel ». Elle fut construite, un peu au-dessus du lit de la Nesque, hors d’eau contre la paroi de la falaise, sous une 1ère baume, avec au-dessus une 2ème baume troglodytique qui a fut habitée auparavant.
De là, nous remonterons, par le lit asséché de la Nesque jusqu’au Lac de Monieux. Le début passe au milieu de gorges profondes, puis en sous-bois, la rivière asséchée retrouve son eau, un filet d’eau coule, avec toujours le même souci, de ne pas perdre la trace du sentier qui se glisse parfois sous les broussailles. Nous apercevrons un marcassin blessé, ayant probablement fait une chute d’une falaise, à l’agonie, sans pouvoir rien faire pour abréger ses souffrances.
Un grand moment d’émotions, et quelle beauté... Fin d’une journée bien remplie, pleine de sensations fortes dans un cadre exceptionnel.