Résumé de : Villars-Ocres de La Bruyère-Trébaillon et des Jean-Jean

Résumé : Villars-84- Galeries d’Ocres et anciennes champignonnières de Trébaillon et des Jean-Jean 29.10.13

Parcours de 13.5/14 km, pour tous – attention cependant aux risques d’éboulement dans les galeries toujours possible.
Sachez que sur une bonne partie, le secteur clôturé et plus, (voir la carte) est interdit d’accès. Eclairage, boussole, sont nécessaire.
Durée 4h00/4h30+1h30 au moins d’exploration+3/4h déj.
Dénivelé : 125 m. Dénivelé montée cumulée 435 m.


Dommage que le soleil n’ait pas été au rendez-vous comme l’avait prédit la météo. Un voile brumeux est resté sur la région d’Apt toute la journée, ce qui a gâché un peu le plaisir très coloré de cette balade. Aucune randonnée ne permet de découvrir dans la région autant de galeries creusées du temps de la période faste de l’extraction de l’ocre. Nous avons tourné, fait du hors piste, pour les dénicher, bien que sur une bonne partie, le secteur clôturé, (voir la carte et plus) interdise l’accès à cette zone, qui possède aussi, pas mal de galeries creusées.
Départ du Village de Vacances de la Laurène, près de Villars, se garer à l’entrée à droite (4 places voitures, hors saison seulement). Sinon, poursuivre 300m plus loin en haut de la côte et se garer à gauche sur le départ du sentier.
Nous démarrerons du Village de Vacances, « la Colline des Ocres à la Laurène » au Sud-est à 2 km de Villars, petit parking à l’entrée sur la droite. Revenez sur la route direction Villars sur 50 m et prendre la petite route montante, après la propriété de la Laurène. Après 300m, vous arrivez sur un parking (autre possibilité de laisser la voiture). Prendre le sentier à gauche pour rejoindre une piste,
qui monte en direction du sommet de la colline. Peu après, prendre en sous-bois poursuivez sur votre gauche sur le sentier d’où la vue permet de découvrir la vallée de St Saturnin-les Apt-les Grands & Petits Clements qui remonte vers Rustrel. Vous allez découvrir des bruyères, les premiers cistes : le ciste à feuilles de sauge, mais aussi le ciste à feuilles de laurier, plus gros. Cette espèce, tout comme la callune (aux petites fleurs rosés au printemps], se rencontre habituellement sur la façade atlantique, mais on le trouve aussi sur les massifs ocreux des Monts de Vaucluse où il trouve des conditions propices à son développement. Allez voir le « trou des Américains ». Il est raconté qu’il y aurait eu un crash d’un avion durant la dernière guerre, en fait, il s'agit d'une petite mare temporaire située à 100 m du panneau, résultant de l'activité de l'exploitation de l'ocre. Cette mare est le lieu de reproduction de nombreuses espèces d'amphibiens, rares et protégées, du Vaucluse. Elle est également fréquentée par les chevreuils et les sangliers, dont vous verrez peut-être quelques traces alentours. De retour sur l'itinéraire initial, les pins font leur apparition : pins sylvestres (à l'écorce rouge sur la cime) et pins maritimes (au tronc plus rectiligne), où la bruyère provençale a pris possession des lieux (en fleurs en fin d’année). Votre itinéraire passe ensuite par un affleurement rocheux. Peu après, la vue se dégage sur votre gauche avec Saint Saturnin d'Apt et les monts de Vaucluse de Grand et Petit Clément de Lagarde d’Apt et de la Grande Montagne. Au bout de la zone dégagée (partie incendiée en 2000), ne continuez pas sur la droite, (croisée des chemins-les Bruyères), prenez le sentier qui redescend sur la Partie en suivant le balisage jaune sur la gauche. En bas sur votre droite à 50m du chemin, les ruines d’un bâtiment et une ancienne galerie d’extraction des ocres. Ce sera notre 1ère incursion dans les entrailles de la terre comme l’a écrit Jules Verne, dans son livre « Voyage au centre de la Terre ». Les enfants comme nous seront tous
surpris de ces travaux gigantesques entrepris par les mains des hommes.
« Deux carrières permettent d’observer les 2 types d’exploitation des ocres : la carrière à ciel ouvert et la carrière souterraine. L’exploitation en galerie s’est pratiquée jusqu’en 1955, puis l’utilisation d’engins motorisés fut mieux adaptée aux carrières à ciel ouvert. Un contremaitre mettait en place un plan d’exploitation en connaissance du terrain et de l’environnement. Les mineurs s’occupaient du travail d’avancement des galeries. Il commençait par creuser avec une pioche affûtée, une niche en ogive, accompagné par un ouvrier qui chargeait le minerai dans un wagonnet au fur et à mesure de l’avancement de la galerie. Un bon mineur pouvait user 7 pioches/jour, du fait de l’usure sur le fer par la silice contenue dans les sables ocreux. Les galeries principales pouvant faire plus de 200m de long avec à intervalles réguliers, des alvéoles latérales. Ces carrières ont connu comme beaucoup d’autres carrières souterraines une seconde vie après l’arrêt de l’exploitation de l’ocre, de nombreux propriétaires, souvent paysans, entreprirent la culture des champignons de Paris effectuée sur des sacs de terreau aujourd’hui abandonnée ».
Après un retour vers la surface, passer vers les ruines du bâtiment technique où avait été installé le treuil qui permettait de remonter les wagonnets de la mine. Il reste quelques pièces d’époque du treuil. Reprendre le sentier et gagner la route D214 à la croisée des chemins-les Glaurivettes. Au milieu des vignes aux couleurs automnales se détache un petit maset, et en contrebas le hameau des Viaux. Prendre en direction du hameau, et juste en face en contrebas de la route, vous découvrirez l’ancien « Lavoir des Viaux » qui a été restauré par ses habitants, avec son alimentation d’eau originale des bassins. Revenir sur vos pas 200m, et quitter la route par la gauche, prendre la piste sur la droite de la ferme de Trabaillon, puis le chemin qui monte droit devant, et poursuivre. Si vous continuez 300m plus haut, vous pourrez découvrir sur votre droite les anciennes carrières d’ocres de « La Partie » à ciel ouvert, d’un petit belvédère vue sur des draperies d’ocres multicolores, au fond d’un petit ravin, superbe (se visite). Sinon prenez la piste de gauche, elle vous conduit aux carrières d’ocre « des Tapets », certainement le plus grand ensemble de galeries interconnectées des lieux, selon un quadrillage géométrique. En effet, toutes les entrées des galeries-3-4-5-6 et 7 creusées dans la colline, sont reliées en elles par des galeries secondaires communicantes sur plusieurs centaines de mètres et permettaient d’extraire l’ocre à l’époque glorieuse. Elles ont été reconverties après l’arrêt de l’exploitation de l’ocre en champignonnières, elles étaient fermées par des portes en plastique, permettant d’y maintenir une forte hygrométrie pour le développement de la moisissure des champignons, mais ces galeries ont dû être abandonnées à la fin du siècle dernier, pour cause de rentabilité Maintenant abandonnées, elles se dégradent, faites donc attention aux risques d’effondrement, d’éboulement, ou de glissements de terrains, dans toutes ces galeries non étayées. Vous trouverez souvent un petit local, près de l’entrée, où les ouvriers rangeaient leurs outils, un peu plus loin, des sacs de poudre blanche qui servaient à faire pousser les champignons. En regardant le plafond, vous apercevrez encore les traces des coups de pioches des ouvriers. L’hygrométrie y avoisine les 75/80%, la température à peu près constante 15°c, frais l’été, chaud l’hiver, parfois le gibier s’y réfugie, j’y ai surpris début lors d’un précédent repérage, dans l’une d’elle, une famille de 5 sangliers, faites attention.
Le chemin se poursuit, le passage est obstrué par des ronces et une marre d’eau jaunâtre, revenir sur vos pas jusqu’aux galeries 5-6, en face une piste se poursuit dans un pré, la prendre, vous passerez devant une carrière à ciel ouvert à droite, puis 50m plus loin à gauche, derrière les arbres un ancien quai de conditionnement et de chargement en ruines y avait été installé (attention aux tôles pendantes), poursuivre cette piste 150m, jusqu’à un grand pré, où sur votre gauche, se trouve les ruines d’un hangar de stockage. A la sortie du pré sur votre droite, une rampe d’accès à une carrière d’ocre de l’autre côté de la marre d’eau jaunâtre, il y a en face une galerie d’extraction d’ocre dont l’entrée est rouge sang en partie obstruée par des troncs d’arbre (galerie8). Reprendre la piste, sur tout le parcours, à chaque rampe sur votre droite, vous pouvez être assurés qu’il y a une, voire 2 anciennes galeries d’exploitation d’ocre.
Cependant si vous poursuivez, en bas de cette piste, ce n’est pas indiqué, vous allez vous retrouver à l’intérieur d'une propriété privée, qui a été modifiée sa clôture depuis ma précédente visite en 2010. Elle va vous empêcher de passer (après le chêne à la chaîne). Nous avons malgré tout trouvé un passage qui nous a permis en remontant 200m le long du ruisseau, de franchir la haie d’arbustes épineux et d'atteindre un champ de culture et gagner la route, près de la retenue d’eau de Rustrel-Trébaillon, mais pour combien de temps encore).
Je vous conseille donc, de revenir sur vos pas et de longer la route en passant devant le Château du Grand St Julien, son ancien pigeonnier, au milieu des vignes du Domaine St Julien.
Nous déjeunerons au bord du Lac de retenue de Rustrel-Trébaillon. Puis c’est par la route que nous continuons, sur environ 500 m jusqu’après la parcelle de chênes truffiers de la Bastide de Trébaillon, la propriété close. Là encore des modifications de clôture ont été faites empêchant de poursuivre en boucle le circuit précédemment fait en 2010. Nous ferons donc un aller-retour le long de la clôture ce qui nous permettra de ramasser des châtaignes, au retour nous couperons par-dessus la colline pour rejoindre la piste qui part de la route et conduisant à la grande Galerie-Tunnel. Cette galerie de plus de 200m de long débouche (malheureusement aujourd’hui dans la propriété privée barrée par des barbelés (ce qui nous a obligés précédemment à faire demi-tour, après notre cueillette de châtaignes). Cet ensemble quadrillé comme celui des Tapets, je l’ai surnommé « la cathédrale » (entrée gde grotte-tunnel). La grande porte d’accès est ouverte, nous déposons nos sacs à dos, et prendre à toute fin utile votre boussole en vous repérant au préalable et, empruntez la galerie principale, une chaise en plastique à gauche de l’entrée et quelques déchets. Un camion peut y circuler, sur 100 m environ, c’est tout droit, puis un léger coude sur la gauche, d’où l’on aperçoit au bout la lueur du jour. Remarquez sur la paroi de droite, accrochés, à 2m environ une ligne électrique, avec des tubes fluo. Poursuivez encore 100m, et vous arrivez à la 2ème porte plastifié fermée (sortie gde grotte tunnel). Rebroussez chemins, et prenez alors a votre gauche une galerie où l’on voit de la lumière, parcourez 50m environ, et vous débouchez dans une grande salle, avec du matériel et découvrez en face une ouverture à 10 m de haut avec un grand tuyau, et à gauche, une façade extérieure fermée par un grand échafaudage de près de 15 m de haut avec une porte en bas fermée. Une petite visite s’impose dans les galeries adjacentes en boucle. Vous y découvrirez gravé sur la paroi de l’une d’elle, une faucille et un marteau l’emblème des communistes. On m’a raconté qu’ici en fin de saison de chasse, les chasseurs s’y réunissent pour y faire leur banquet-repas de fin de saison… (Info non vérifiée). Revenir dans la galerie principale et vous diriger vers l’entrée de la galerie principale, si vous avez un bon projecteur, (avec une lampe de secours), engagez-vous dans une des galeries latérales, mais pas trop loin, pour ne pas vous perdre, il peut y avoir quelques découverte (stockage de pommes de terre), et parfois de magnifique moirures d’ocres sur les parois. Retour à la surface, cette fois direction les Jean-jean, petit hameau avec sa fontaine, puis par le sentier des Briquières, qui porte bien son nom, par sa couleur rouge brique, nous traverserons le joli hameau des Trécassats, aux belles maisons de pierres très colorées, avant de regagner la petite route et le point de départ de la randonnée ce matin.
Une balade pleine de charme, haute en couleurs.