Résumé de : St Gens-la Croix-la Carrière-Barbarenque-Carroufra-la Vachère-Clapeyrousse

Résumé St Gens-Clapeyrousse-Carroufra 14.03.13

Difficulté : Moyenne - Durée : 5h00 + 1h00 découverte + 1/2h visite guidée + 3/4h déj.
Distance : 13.5 km - Dénivelé : 115 m - Dénivelé cumulé 630 m.


La neige recouvre une partie du pays mais chez nous, c’est le beau temps, grâce au Mistral qui s’est déchainé dans la vallée du Rhône, avec des rafales à 100 km/h. Mais le site de randonnée se prête bien à une journée ventée, car bien abrité, c’est donc avec nos amis gardois, et bien habillés que nous démarrerons cette balade, depuis le parking de l’Ermitage de St Gens, non loin du village perché du Beaucet. Nous prenons la petite route bétonnée qui monte vers la carrière, jusqu’à l’Oratoire de la Fontaine. Là, prendre le sentier à gauche (pas celui de la Source miraculeuse), qui remonte dans la Grande Combe, où nous nous rejoindrons le belvédère de la croix situé au-dessus de la Source miraculeuse de St Gens, d’où le panorama embrasse toute la vallée, vue sur la ville de Carpentras, le Barroux, Caromb, les Dentelles de Montmirail, le Mont St Amand, le Mt Ventoux enneigé, nous sommes juste en dessous du Rocher des Trois Luisants et de La Montagne. Après une descente par le sentier en balcon de la Combe de la Fontaine, nous arrivons à la fontaine de « jouvence », un vœu indispensable à faire, en y gouttant son eau. Quelle que soit la saison, un filet d’eau sort d’une fissure dans la montagne où un petit autel y a été installé au-dessus dans une petite cavité. En contrebas, un recueillement devant l’Oratoire de la Source de St Gens. Poursuite par le GR91 d’abord, que nous quittons bien vite, par la droite, pour gagner la croisée des chemins de la Carrière de St Gens. Vous pourrez lors de la descente apercevoir le Ventoux. A la petite route, nous ferons un détour, en montant jusqu’à la Carrière de St Gens, où nous découvrirons, le site de découpe d’énormes blocs parallélépipédiques de roche calcaire incrustée de coquillages fossiles. Retour à la croisée des chemins de la Carrière en direction du plateau du hameau de Barbarenque. Au sommet nous découvrirons une bâtisse carrée moderne, parementée de pierre, il s’agit probablement d’une station de pompage?... De là, prendre à gauche derrière cette construction la partie déboisée, on y aperçoit à moins de 100m au milieu des chênes verts, une cabane de pierre sèche, c’est la Borie noire, une immense cabane de 20/25 m de long à l’entrée surmontée d’un linteau monolithe, constituée de 2 pièces, une ouverture pas d’origine y a été faite dans la 2ème pièce. Cette construction construite à voûte en encorbellement, bien conservée, se trouve malheureusement sous une ligne HT. Poursuite par la piste, où un peu plus bas, nous prendrons à droite, par une sente qui s’enfonce dans le sous-bois, décrit un arc de cercle avant de déboucher dans une chênaie truffière. Prendre à gauche en bordure de la plantation, au bout nous découvrirons la Borie La Pointue, surnommée ainsi, car elle est triangulaire et pointue d’un côté. Rejoindre la petite route à 50m de là, et prendre le sentier à gauche, balisé jaune, bordé de murets de pierre sèche, il rejoint la piste quittée auparavant. Juste avant sur la gauche en sous-bois, les ruines de la grande cabane de Barbarenque au toit effondré, de plus de 20m de long, similaire à la Borie noire, aux murs de plus d’1m50 d’épaisseur. Il en a fallu des pierres pour la construire. Nous remonterons la piste et prendrons la 1ère à droite, qui vous mène au hameau de Barbarenque, tristement célèbre pour les jeunes résistants qui y furent fusillés, le 2 août 1944, une stèle à l’entrée en témoigne. Sur la gauche, à l’entrée d’une ancienne parcelle de culture, subsiste une belle cabane en pierre sèche. Un petit tour dans le hameau en partie restauré, est entouré de terrasses et de cabanes de pierre sèche. Ce hameau fut déserté vers les années 1950, car les habitants ne pouvaient plus faire face à la concurrence des plaines et au développement des techniques modernes de l’agriculture. Nous rejoindrons la piste un peu plus haut et la remonterons sur 200m, jusqu’à l’aire de retournement, prendre à gauche la piste du milieu (patte d’oie), et au bout, 75m, prendre à droite une sente qui s’enfonce et descend dans le sous-bois. C’est l’ancien sentier qui permettait autrefois de relier St Gens-le Beaucet par le plateau. Après 250m de descente tranquille, prendre à un cairn, à gauche le sentier en épingles, qui passe peu après devant une croix d’oratoire et rejoint l’Ermitage et l’Eglise de St Gens. Belle vue sur l’ensemble et sur les falaises en face du plateau de Clapeyrousse. Vers midi, nous arrivons à l’Ermitage et nous sommes reçus dans l'enceinte de l’église de l’Ermitage de St Gens par la communauté « Palavra Viva », constituée de six jeunes évangélistes brésiliens, qui nous présentèrent les lieux, dont le Père Arley LEITE, Chapelain de St Gens, qui va nous consacrer 1/2h pour visiter son église romane, lieu de pèlerinage de St Gens.
« La 1ère chapelle dédiée au Saint, dite la « grande chapelle » fut construite en 1131 et fût agrandie en 1884. Un peu plus haut se trouve la chapelle du tombeau érigée en 1680, où le corps du saint reposait précédemment ». L’Histoire de St Gens (source info Wikipedia).
La légende de St Gens :
« Gens Bournareau (ou Bournarel) est né en 1104 à Monteux, dans le diocèse de Carpentras dans le Vaucluse, de paysans bouviers. À l'adolescence, il part vivre en ermite loin de sa famille et de son village dans un vallon aux environs du Beaucet. Lorsque la sécheresse menaçait les récoltes, les habitants de Monteux avaient l'habitude de sortir de la chapelle Saint-Raphaël la statue de Farchange pour la plonger dans le ruisseau du Ricaveau et invoquer la pluie. Un jour, Gens se révolta contre cette pratique relevant d'une superstition païenne qu'il jugeait blasphématoire. Il jeta la statue au sol, qui se brisa. Condamné à trois jours de prison, il fut finalement chassé à coup de pierres. Il se retira alors dans les collines du Beaucet pour y mener une vie d'ermite. Il vit dans le renoncement, priant, travaillant et en faisant pénitence. Gens s'installa au fond d'une combe sauvage, où il se construisit un abri sur les ruines d'un monastère cassianite, cultivant une parcelle de terre pour sa subsistance avec l'aide des deux vaches, une charrue et quelques outils que lui avait donnés son père, à son départ. Il priait sans cesse pour tous les pécheurs. Un jour où il était profondément absorbé par sa prière, un loup se précipita, sur l'une de ses vaches et l'égorgea. Implorant la bonté divine, Gens réprimanda le loup, l’apprivoisa et le contraignit à labourer attelé aux côtés de la vache survivante qui lui restait. Les jours s'écoulèrent, difficiles et austères. Une grande sécheresse s’abattit sur la Provence. La mère de Gens vint de Monteux pour lui rendre visite d’où elle arriva assoiffée et fatiguée. Elle lui demanda un peu d'eau, parce qu'elle avait soif. Il mit alors deux doigts dans les rochers et de là, miracle, jaillirent de l'eau et du vin. Le vin, dit-on, se tarit rapidement, alors que la source d'eau s'écoule encore de la fontaine qui désormais porte son nom. Une grande sécheresse s’abattît sur la Provence, Gens demanda alors aux prêtres du lieu d'organiser une procession afin d'obtenir la fin de la sécheresse. La procession n'avait pas encore parcouru les rues du village que la pluie se mit à tomber. Il fit de nombreux miracles et son culte fût approuvé par l'Église. A partir de ce moment-là, il est par exemple invoqué pour obtenir la pluie en période de grande sécheresse. Saint Gens mourut dans son vallon le 16 mai 1127, à l’âge de 23 ans, et son corps fut déposé dans un rocher, près duquel fut édifiée une chapelle romane vers le milieu du XIIème siècle. Son tombeau s'y trouve toujours ».
Pèlerinage de St Gens entre Monteux et l’Ermitage.
« Au XVIIème siècle, ses reliques sont transportées dans l'église du Beaucet, puis ramenées en 1972 dans l'église de son ermitage. De nos jours, son pèlerinage, le 16 mai, est l'un des plus fréquentés de toute la Provence. Chaque année, depuis 1671, le week-end suivant le 16 mai, la Confrérie de Saint Gens organise un pèlerinage au Beaucet. Cette manifestation a gardé son caractère traditionnel et folklorique. Le samedi, des jeunes gens en costumes d'époque portent la statue de Saint Gens et la bannière jusqu’à l’ermitage. Dans la soirée du samedi et la matinée du dimanche, des cérémonies religieuses ont lieu. Le Christ, porté également par des jeunes gens en tenues d’époque, part de Monteux vers l’ermitage à 6 heures du matin. Quand ces cérémonies sont terminées, le cortège des pèlerins, formé de personnes à pied et de charrettes (appelées jardinières), repart vers Monteux. À l’arrivée du saint, des pétards éclatent et les cloches sonnent. Une bénédiction a lieu dans la chapelle consacrée au saint et la fête se termine à l’église Notre Dame de Nazareth par une allocution en provençal ».
La Source Miraculeuse.
« Aujourd’hui encore, la source miraculeuse blottie au pied de la falaise urgonienne, offre de nos jours un filet d'eau et une tradition orale raconte son histoire relatant de nombreux miracles qui se seraient réalisés après avoir fait un vœu en gouttant son eau ».

Puis nous allons prendre la petite route, derrière le muret de la Fontaine de St Gens aux sculptures représentant entre autre, une vache et un loup, symboles de Gens. 50m plus haut, un sentier sur la gauche monte dans les restanques, Nous nous y arrêterons pour la pause déjeuner. Nous reprendrons, ensuite le sentier qui nous permettra de gagner la cabane troglodytique, où séjournèrent des adeptes du temple du Soleil…, à en croire les inscriptions cabalistiques sur les parois. Nous poursuivrons le sentier, jusqu’à un cabanon avec un escalier de pierre et sa petite terrasse au-dessus avant de remonter jusqu’à la Ferme troglodytique de St Gens habitée, au niveau de la borie à 2 étages et au pied des Demoiselles coiffées. Puis nous prendrons la piste montante, ancienne calade, bordé d’un muret de pierre sèche, jusqu’à une ancienne carrière, qui ressemble à un amphithéâtre, couper au travers, en biais pour rejoindre au-dessus, la piste de Clapeyrousse. Prendre à droite, on bascule alors sur le plateau de Clapeyrousse, et toujours tout droit pour rejoindre la petite route goudronnée, là prendre à gauche, et dans la descente, juste avant le 1er virage, emprunter le sentier à gauche qui descend à travers les buis et chênes verts sur 50m, puis à droite, inl vous conduit à une terrasse où poussaient auautrefois plantée de cerisiers (ils viennent d’être coupés). De là vous dominez le magnifique Vallon de Carroufra, pour y découvrir ses hameaux aux pieds de baumes, avec ses restanques, ses apiés, ses cabanes, ses maisons troglodytes, ses apiés (ruchers), ses bories, et leurs cuves vinaires, …. Impossible de les dénombrer, tellement il y en a, si l’on cherche un peu. Du bord de cette ancienne cerisaie la vue est superbe, poursuivez sur la droite du champ, pour rejoindre le sentier de l’autre côté, vous passerez devant une borie, dont on aperçoit que l’ouverture haute. Vous déboucherez sur la route près de la Ferme de Carroufra, au milieu du vallon. Au-dessus de la ferme vous pourrez apercevoir l’immense mur-restanque-digue, qui barre le vallon. Il faudra faire le tour du vallon de Carroufra, pour rejoindre l’autre versant, où se trouve l’ancien hameau de Carroufra, perché sur la colline, noyé dans la végétation sur le plateau au bord des falaises rocheuses. Il vous faudra de la patience, de la persévérance et un peu de chance, pour y découvrir ses cabanes en pierre sèche en encorbellement et leurs cuves vinaires, ses habitats troglodytiques bâtis au creux des baumes et la Grange brûlée, avec leurs fours, son aire de battage et de séchage du blé, le grand bassin taillé dans le rocher, ses terrasses de versant et ses murets de pierre sèche… Une journée à la découverte, de dizaines de constructions, pour les amoureux de la pierre sèche, comme jamais vous n’en verrez autant, sur un territoire aussi restreint.
Le Vallon de Carroufra :
"Creusé par l’érosion dans la molasse calcaire, le ruissellement a usé les parois rocheuses, provoquant des éboulis et l’apparition de baumes naturelles. L’homme y a créé ses habitats en fermant les cavités naturelles par des murs. Le vallon, où les sédiments et alluvions se déposèrent, fertiles, fut exploité, et permis les cultures fruitières et légumières, les plateaux furent semés de céréales, accueillant de nombreuses fermes et aires de battage. Dans les falaises, les habitations troglodytes et cuves vinaires, les versants furent aménagés en terrasses. Ces aménagements sont un bon exemple d’organisation des « Valats », dans la gestion de l’eau, élément essentiel dans nos régions, les restanques en travers du vallon laissant filtrer l’eau, tout en retenant le limon, celle-ci étant récupérée plus bas dans un grand bassin".
Au bout du hameau de Carroufra, vous arrivez sur la grande aire de battage, superbe belvédère sur le vallon. Prendre la piste descendante, sur la droite, vous apercevrez les ruines de la Grange brûlée, où se trouve un four à pain, une cuve vinaire, ses cabanes annexes, dont une grande cabane construite avec d’énorme lauzes, une petite cabane vinaire parfaitement conservée, et un grand bassin creusé dans le rocher. La ferme aurait été détruite à l’époque de la peste. Aujourd’hui, cet ensemble est maintenu en l’état par son propriétaire, qui ne peut le restaurer à cause de l’administration. Dommage.
Nous rejoindrons la petite route en dessous de la Vachère, où là aussi, il y a accolée, à la ferme de la Vachère, une grande cabane à carène de 19mx5m surmontée de dalles à plus de 4m de haut. Elle serait la plus importante et la plus ancienne de la commune. Prendre le sentier balisé vers la Combe de Mayraud, sur la gauche, d’où vous pourrez apercevoir cette cabane, poursuivre tout droit à la bifurcation, entrée de la Combe Mayraud, sur 200m. Dans le virage à droite, 2 sentiers, un chemin à gauche clos par une barrière en bois, (Propriété privée), 50m plus haut, après la barrière au bord du chemin, vous apercevrez une belle cabane avec sa cuve vinaire, elle est taillée dans le rocher de la falaise, pour que l’eau de ruissellement ne se mélange pas au vin, avec son fouloir précédant sa cuve de stockage, protégé par une voûte en encorbellement. Si vous poursuivez 300m plus loin, sur la piste en sous-bois, vous découvrirez sur la gauche en bordure de bois une belle borie et son apié intégré dans son mur, unique. Retour à la fourche, prendre la voie de droite qui descend et longe le pied de la falaise. Là aussi vous allez découvrir aux creux des baumes sous la falaise, les ruines d’anciens habitats troglodytiques aménagés et protégés des eaux de ruissellement par des tuiles ou des lauzes, vu leur état, il est dangereux de s’y aventurer.
Toujours en descendant ce chemin sur la droite, vous découvrirez encore une cabane décoiffée avec sa cuve vinaire. Tout en bas, on rejoint la route du vallon de Carroufra, prendre à gauche et la remonter, sur le bord gauche de la route un abri sous roche. Vous rejoignez le virage, où nous avions quitté précédemment la route, 2h00 auparavant. Retour par le même parcours, prenez le raccourci par la grande dalle rocheuse, près des Demoiselles coiffées, taillées par l’érosion dans la molasse calcaire, et qui vous ramène sur un chemin plus large (traces des roues de charrettes) à la Ferme des hauts de St Gens. Vous découvrez à droite, la Borie à 2 niveaux, magnifique construction, implantée dans un site de terrasses (attention danger d’y pénétrer), et à gauche d’abord les ruines d’habitats troglodytiques blottis aux creux des falaises, puis vous passerez devant la Ferme, ancienne grange convertie en habitation, bordée d’un mur construit en « arête de poisson ». Poursuivez tout droit en descente pour rejoindre la croisée des chemins-Combe de la Fontaine, à l’oratoire, retour à l’Ermitage de St Gens.
De l’avis de tous ce fut une très belle journée de découverte, et même ceux qui connaissaient un peu les lieux, ont été surpris de tout ce qu’ils n’avaient pas vu auparavant. Merci à tous de m'avoir accompagné.
-Remerciements pour leur accueil du Père Arley LEITE Chapelain de Saint Gens et sa communauté pour la visite commentée de l’église de St Gens.
-Merci à Pierre Sèche en Vaucluse et au livre
« 25 Balades sur les chemins de la pierre sèche, entre Monts de Vaucluse, Lure et Luberon, de Florence Dominique aux Editions : Marcher un livre a la main-le bec en l’air »,
pour nous avoir fournir de nombreuses informations et permis de découvrir ces lieux chargés d’histoire.