Résumé de : St Gens-Trois Luisants-Combe Mayaud-Hameau et vallon de Carroufra-Clapeyrousse

Résumé St Gens-Rocher des Trois Luisants-Clapeyrousse-Carroufra 11.12.13

Difficulté : Moyenne - Durée : 4h30 + 1h00 découverte + 3/4h déj.
Distance : 11.5 km - Dénivelé : 290 m - Dénivelé cumulé 590 m.


Mon ami Armand, m’ayant gentiment invité pour une balade du côté de St Gens, avec d’anciens collègues de travail, c’est donc avec grand plaisir que je me joins à eux pour une randonnée entre St Gens-les Trois Luisants-Venasque. C’est un peu tardivement : 10h15, et bien habillés que nous démarrerons cette balade, depuis le parking de l’Ermitage de St Gens, non loin du village perché du Beaucet.
(Pour la visite de l’Eglise, et historique de St Gens, voir le descriptif et photos de la randonnée du 24/11/2013)
Nous prenons la petite route bétonnée le long de l’Eglise et l’Ermitage de St Gens, qui monte vers la carrière. Passage à la Chapelle du tombeau de St Gens. À l’Oratoire de la Fontaine, 200 m plus haut, je commence à mettre mon 1er grain de sel, dans le programme de la balade, connaissant bien les lieux, en leur demandant de passer plutôt par le sentier de la croix, moins pentu et plus joli que celui direct vers la source. Nous prenons donc, ce sentier à gauche (pas celui de la Source Miraculeuse), où la rosée givrante du matin, a fait des merveilles sur la nature, et qui remonte au fond de la Grande Combe, avant de gagner le belvédère de la croix situé au-dessus de la Source Miraculeuse de St Gens. Ici le panorama embrasse toute la vallée du Comtat Venaissin avec, vue sur la ville de Carpentras, les villages du Barroux, de Caromb, les Dentelles de Montmirail, Bedoin, Mallemort du Comtat, le Mt Ventoux enneigé,… et nous sommes justes en dessous du Rocher des Trois Luisants et de La Montagne. Après une descente par le sentier en balcon de la Combe de la Fontaine, nous arrivons à « la source miraculeuse », un vœu indispensable à faire, en y gouttant son eau. Quelle que soit la saison, un filet d’eau sort d’une fissure dans la montagne, où un petit autel y a été installé, juste au-dessus, dans une petite cavité. En contrebas, recueillement devant l’Oratoire de la Source de St Gens.
La Source Miraculeuse :
« Aujourd’hui encore, la source miraculeuse blottie au pied de la falaise urgonienne, offre de nos jours un filet d'eau et une tradition orale raconte son histoire relatant de nombreux miracles qui se seraient réalisés après avoir fait un vœu en gouttant son eau ».

Poursuite par le GR91, nous quittons bien vite le même tracé balisé jaune, en poursuivant par la gauche, l'ascension du GR91, en direction des Rochers des Trois Luisants, en point de mire, plein Sud. Au passage, nous apercevrons sur notre gauche en hauteur, la Croix de St Gens, sur le piton rocheux que le soleil illumine, à la jonction de la Combe de la Fontaine de St Gens et de la Grande Combe. Ça grimpe bien, rien de tel pour se réchauffer, car le fond de l'air est frais, malgré le soleil. Après une pause sous le soleil, nous passons au milieu du Rocher des Trois Luisants : sans doute « lei trelusents » signifiant : les rochers brillants. (Une petite explication, ces 3 rochers isolés, en calcaire blanc urgonien, sous le soleil après la pluie, brillent, d’où ce nom qui leur aurait été donné). Nous rejoignons sur le plateau, une 1ère croisée de chemins-Rocher des Trois Luisants-637m, prendre à gauche, où une 2ème croisée des chemins-Les Trois Luisants-662m permet de rejoindre la piste forestière sur le plateau de la Plaine, ou l’on trouve une 3ème croisée de chemins-la Plaine-636m, puis à 30m un 4ème panneau-Croix de Pouracon-633m. Là on peut dire, qu’il ne manque pas de balisage, mais trop finit par brouiller les pistes. Prendre plein Nord, la piste vers la Croix du Jas d’Esprit, 350m plus loin, en limite de la Forêt Domaniale de Venasque (encore un panneau, mais le Jas a disparu, c’est une vue de l’Esprit !!!). Là encore une hésitation, car notre but, c’est d’aller à Venasque, mais il est près de midi, et nous n’avons fait en 2h00 que 4.5 km. Bien sûr, ça montait, mais le départ tardif y est pour quelque chose, surtout en hiver quand la nuit tombe à 17h00. Un rapide calcul 16.5 - 4.5 = 12 km encore à faire, soit 4h30 + 3/4h déj. + 1/2h visite de Venasque et plus, ça fait 12h00 + 5h45 = 17h45. Nous allons soit devoir marcher plus vite, soit revenir avec nos frontales !!! Mon 2ème grain de sel, je propose de descendre la Combe Mayaud juste au carrefour, et de visiter l’ancien Hameau et la Combe de Carroufra, que je connais bien et où il y a de très belles choses à voir (Nous serions passés à côté sans rien voir) pour être de retour à St Gens vers 16h30. Nous tombons d’accord sur ma proposition, après avoir jeté un œil sur la carte. De mon côté, ce sera aussi la découverte de cette combe, jamais empruntée. Nous pique-niquerons juste en haut de celle-ci sous le soleil. Et comme avec mon groupe, les bonnes habitudes de randonneurs avertis ne changent pas, Maria nous aura confectionné de délicieux petits gâteaux pour le dessert. Après avoir repris du punch, nous nous engageons dans le défilé de la Combe de Mayaud, d’abord sur un sentier bordé de buis, puis c’est une barre rocheuse étroite qu’il va falloir descendre par un sentier en lacets, où le soleil d’hiver ne passe pas, bien givré, attention les glissades, mais nous arriverons en bas sans encombre. Ensuite, c’est dans le lit d’un ancien ruisseau asséché, que nous poursuivons la descente, entre 2 murs de falaises d’abord, pour passer en sous-bois de chênes, fayards et buis ensuite, avant d’atteindre le bout de la combe, qui débouche en haut du Vallon de Carroufra.
Le Vallon de Carroufra :
« Creusé par l’érosion dans la molasse calcaire, le ruissellement a usé les parois rocheuses, provoquant des éboulis et l’apparition de baumes naturelles. L’homme y a créé ses habitats en fermant les cavités naturelles par des murs. Le vallon, où les sédiments et alluvions se déposèrent, fertiles, fut exploité, et permis les cultures fruitières et légumières, les plateaux furent semés de céréales, accueillant de nombreuses fermes et aires de battage. Dans les falaises, les habitations troglodytes et cuves vinaires, les versants furent aménagés en terrasses. Ces aménagements sont un bon exemple d’organisation des « Valats », dans la gestion de l’eau, élément essentiel dans nos régions, les restanques en travers du vallon laissant filtrer l’eau, tout en retenant le limon, celle-ci étant récupérée plus bas dans un grand bassin ».

Nous ferons un petit détour sur le plateau de Clapeyrousse, en prenant à gauche à la sortie de la Combe Mayaud, pour y découvrir un borie abritant une cuve vinaire et son fouloir en excellent état, et un peu plus loin une cabane de pierre sèche avec 3 apiés intégrés dans son mur. (Apié en provençal signifie : rucher, ici 3 cases pour 3 ruches d’abeilles, celle-ci exposées plein Sud, permettaient d’accumuler la chaleur du soleil le jour et de la restituer la nuit, de ce fait, la ruche bénéficiait d’une régulation thermique naturelle, qui permettait des récoltes plus abondantes et plus étalées dans le temps).
Nous reviendrons sur nos pas, pour gagner la Ferme de La Vachère où se trouve une très grande cabane en carène inversée accolée à la ferme, en excellent état, aux dimensions exceptionnelles de 19 m x 5 m, surmontée de dalles de plusieurs centaines de kilos à plus de 4 m de haut. Elle semble être la plus importante et plus ancienne de la Commune de Venasque, un puits borie y est accolé, où nous y découvrirons 2 chevrette montées dessus. De là direction l’ancien Hameau de Carroufra, prendre sur la petite route goudronnée à droite dans le virage, un sentier caché le long d’une clôture électrique qui délimite une cerisaie, il vous amène sur le site de cet ancien hameau perché et construit dans la falaise. Aujourd’hui caché dans la végétation, il est à découvrir, c’est ce que nous ferons. Ce hameau d’abord constitué de 3 cabanes de pierre sèche en encorbellement, s’agrandit peu à peu avec des bâtiments plus traditionnels avec four et logis. Sur le plateau, un terre-plein couronné de grosses pierres était destiné au séchage et battage du blé et autres céréales cultivées alentours. C’est aujourd’hui, un superbe belvédère sur le vallon de Carroufra et son mur-digue, unique dans la région, de 150m de long. Nous y découvrirons de superbes cabanes, habitations troglodytes, bories et leurs cuves vinaires, enclos et restanques, fours à pain, les ruines de la Grange brûlée avec son grand bassin de pierre (La ferme aurait été détruite à l’époque de la peste, suite à une histoire de famille qui se termina mal…), que nous avait fait visité une précédente fois, son nouveau propriétaire. On se demande encore, avec les moyens qu’ils avaient à cette époque, entre 1750 et fin du XIXème siècle, comment nos anciens ont-ils pu réaliser de tels ensembles, en ces lieux si difficiles d’accès, et qui aujourd’hui encore, défient les siècles, malgré leur abandon. Une journée à la découverte, de dizaines de constructions, pour les amoureux de la pierre sèche, comme jamais vous n’en verrez autant, sur un territoire aussi restreint. Après ces découvertes archéologiques d’un autre temps, nous redescendrons dans le Vallon de Carroufra. Une fois la route goudronnée atteinte, un peu plus loin, en bordure de falaise, il y a une cabane troglodyte qui domine le magnifique Vallon de Carroufra, d’où vous découvrirez ses restanques, ses cabanes, ses apiés (ruchers). En poursuivant sur la route près de la Ferme de Carroufra, au milieu du vallon, vous pourrez apercevoir l’immense mur-restanque-digue, qui barre le vallon.
Ensuite c’est la remontée sur le versant Nord, sur le bord gauche de la route un abri sous roche. Poursuite sur un petit kilomètre, prenez le raccourci par la grande dalle rocheuse, près des Demoiselles coiffées, taillées par l’érosion dans la molasse calcaire, et qui vous ramène sur un chemin plus large en contrebas (traces des roues de charrettes), bordé d’un côté d’un muret de pierre sèche et de l’autre d’un grand mur de pierre taillées, jusqu’à la Ferme des Hauts de St Gens. Vous découvrez à droite, la Borie à 2 niveaux, magnifique construction, implantée dans un site de terrasses (attention danger d’y pénétrer), et à gauche d’abord les ruines d’habitats troglodytiques blottis aux creux des falaises, puis vous passerez devant la Ferme, ancienne grange convertie en habitation, bordée d’un mur construit en « arête de poisson ». Poursuivez tout droit en descente pour rejoindre la croisée des chemins-Combe de la Fontaine, à l’oratoire, retour à l’Ermitage de St Gens.
Le parking où nous nous sommes garés se situe dans l'enceinte de l’église et de l’Ermitage de St Gens, il est géré par la communauté « Palavra Viva », constituée de six jeunes évangélistes brésiliens, qui nous ont présenté les lieux, le 24/11/2013 dont le Père Arley LEITE, Chapelain de St Gens, ce dernier nous rejoindra à notre retour, pour nous saluer et prendre de nos nouvelles.
HISTORIQUE DE ST GENS (rappel)
« La 1ère chapelle dédiée au Saint, dite la « grande chapelle » fut construite en 1131 et fût agrandie en 1884. Un peu plus haut se trouve la chapelle du tombeau érigée en 1680, où le corps du saint reposait précédemment ». L’Histoire de St Gens (source info Wikipédia).

La légende de St Gens
:
« Gens Bournareau (ou Bournarel) est né en 1104 à Monteux, dans le diocèse de Carpentras dans le Vaucluse, de paysans bouviers. À l'adolescence, il part vivre en ermite loin de sa famille et de son village dans un vallon aux environs du Beaucet. Lorsque la sécheresse menaçait les récoltes, les habitants de Monteux avaient l'habitude de sortir de la chapelle Saint-Raphaël la statue de Farchange pour la plonger dans le ruisseau du Ricaveau et invoquer la pluie. Un jour, Gens se révolta contre cette pratique relevant d'une superstition païenne qu'il jugeait blasphématoire. Il jeta la statue au sol, qui se brisa. Condamné à trois jours de prison, il fut finalement chassé à coup de pierres. Il se retira alors dans les collines du Beaucet pour y mener une vie d'ermite. Il vit dans le renoncement, priant, travaillant et en faisant pénitence. Gens s'installa au fond d'une combe sauvage, où il se construisit un abri sur les ruines d'un monastère cassianite, cultivant une parcelle de terre pour sa subsistance avec l'aide des deux vaches, une charrue et quelques outils que lui avait donnés son père, à son départ. Il priait sans cesse pour tous les pécheurs. Un jour où il était profondément absorbé par sa prière, un loup se précipita, sur l'une de ses vaches et l'égorgea. Implorant la bonté divine, Gens réprimanda le loup, l’apprivoisa et le contraignit à labourer attelé aux côtés de la vache survivante qui lui restait. Les jours s'écoulèrent, difficiles et austères. Une grande sécheresse s’abattit sur la Provence. La mère de Gens vint de Monteux pour lui rendre visite d’où elle arriva assoiffée et fatiguée. Elle lui demanda un peu d'eau, parce qu'elle avait soif. Il mit alors deux doigts dans les rochers et de là, miracle, jaillirent de l'eau et du vin. Le vin, dit-on, se tarit rapidement, alors que la source d'eau s'écoule encore de la fontaine qui désormais porte son nom. Une grande sécheresse s’abattît sur la Provence, Gens demanda alors aux prêtres du lieu d'organiser une procession afin d'obtenir la fin de la sécheresse. La procession n'avait pas encore parcouru les rues du village que la pluie se mit à tomber. Il fit de nombreux miracles et son culte fût approuvé par l'Église. A partir de ce moment-là, il est par exemple invoqué pour obtenir la pluie en période de grande sécheresse. Saint Gens mourut dans son vallon le 16 mai 1127, à l’âge de 23 ans, et son corps fut déposé dans un rocher, près duquel fut édifiée une chapelle romane vers le milieu du XIIème siècle. Son tombeau s'y trouve toujours ».
Pèlerinage de St Gens entre Monteux et l’Ermitage.
« Au XVIIème siècle, ses reliques sont transportées dans l'église du Beaucet, puis ramenées en 1972 dans l'église de son ermitage. De nos jours, son pèlerinage, le 16 mai, est l'un des plus fréquentés de toute la Provence. Chaque année, depuis 1671, le week-end suivant le 16 mai, la Confrérie de Saint Gens organise un pèlerinage au Beaucet. Cette manifestation a gardé son caractère traditionnel et folklorique. Le samedi, des jeunes gens en costumes d'époque portent la statue de Saint Gens et la bannière jusqu’à l’ermitage. Dans la soirée du samedi et la matinée du dimanche, des cérémonies religieuses ont lieu. Le Christ, porté également par des jeunes gens en tenues d’époque, part de Monteux vers l’ermitage à 6 heures du matin. Quand ces cérémonies sont terminées, le cortège des pèlerins, formé de personnes à pied et de charrettes (appelées jardinières), repart vers Monteux. À l’arrivée du saint, des pétards éclatent et les cloches sonnent. Une bénédiction a lieu dans la chapelle consacrée au saint et la fête se termine à l’église Notre Dame de Nazareth par une allocution en provençal ».

Remerciements
-pour toutes les informations fournies par le Père Arley LEITE Chapelain de Saint Gens et sa communauté.
-Merci à Pierre Sèche en Vaucluse et son livre
« 25 Balades sur les chemins de la pierre sèche, entre Monts de Vaucluse, Lure et Luberon, de Florence Dominique aux Editions : Marcher un livre a la main-le bec en l’air ».
-merci au amis d'Armand, avec qui j’ai pu partager mes découvertes et ma passion en ces lieux retirés et magnifiques,
-et à J., pour ses photos, que j’ai rajoutées à cet album photos.