Résumé de : Ocres de Mormoiron et Sablon

Parcours de 13.5 km (en repérage 17,5 km): Niveau 2 - pour bons marcheurs. Pas de difficulté.
Projecteur indispensable dans les galeries des Rossides .
Durée 5h00. Dénivelé : 150 m. Dénivelé montées cumulées 420 m.


Départ à 9h30 du parking du Plan d’Eau des Salettes, tout près de Mormoiron. Longer la plage en direction de l’Est et prendre le Vallon de Marqueton boisé, qui a été aménagé en Parc acrobanches.
Forêt magnifique en cette période automnale ou les chênes et marronniers ont pris les couleurs du site. Après 200 m sur la droite, une 1ère carrière, la montée sans difficulté se poursuit jusqu’au Grangeon de Marcel, poursuivre encore 300 m environ puis prendre à droite le sentier sur la crête à travers une forêt de pins maritimes tapit de bruyère en fleurs. Puis l’on descend jusqu’à la piste goudronnée des Peirollets, contourner la ferme et continuer la descente, au lieu-dit « La France ».
A la hauteur d’une serre sur les hauteurs à droite, prendre le sentier qui y monte et s’enfoncer à sa hauteur, à gauche par le sentier dans le bois, le suivre, il serpente et arrive aux nombreuses anciennes carrières d’exploitation des ocres, du lieu-dit « Le Sablon », près de la station de pompage.
« Exploité par la société Malavard de 1887 à 1928 puis par la Compagnie des Ocres Françaises de 1928 à 1967, le gisement d’ocre l’était pour sa couleur jaune, à ciel ouvert ou en galeries souterraines selon l’affleurement et l’épaisseur des terrains qui recouvraient l’ocre.
On découvre une carrière à ciel ouvert, un bassin de rétention et le cabanon des ocriers.
Par le chemin qui s’étale en longueur, on peut voir :
-les canaux d’alimentation en eaux captées à la source “La France” pour le lavage du mélange sable inerte-ocre,
-le puits alimenté par cette source et le réservoir d’eau,
-le malaxeur qui émiette le mélange et le transforme en boue, les canaux de décantation avec les batardeaux qui ralentissent le courant permettant au sable de se déposer,
-le bassin de décantation dans lequel se dépose les couches d’ocre successives, des amoncellements de sable résiduels.
Après décantation et séchage, l’ocre était stocké sous forme de briquettes agencées en murets. Acheminé au moulin de Sainte-Croix ou à l’usine de Villes-sur-Auzon, il était alors broyé, stocké, transporté à l’usine d’Apt qui, après mélange et cuisson, fabriquait une gamme étendue de couleurs.Les moulins d’ocre de l’usine Lamy d’Apt ont été remontés dans leur configuration originale à l’usine Mathieu entre 1995 et 1998 ».
En faisant le tour des sentiers quadrillant le lieu, plus au nord, vous découvrirez des montagnes d’ocres aux couleurs qui rappellent celles du Colorado provençal. Certes le site est moins spectaculaire, mais vous découvrirez le travail d’artistes amateurs qui ont décoré ces dunes et falaises colorées même si elles n’atteignent pas la hauteur de celles de Rustrel. Par contre, après l’abandon de l’exploitation, curieusement, le pin maritime a pris possession du terrain. La forêt originelle constituée de chênes, commence à se reconstituer.
Retour plein Est par le sentier pour rejoindre la piste, au point 236, prendre à droite et 100 m après un cabanon en ruines, prendre le sentier à gauche, qui s’enfile dans un petit vallon boisé, 50 m plus loin prendre à droite, et vous entrez dans le Vallat des Sitos, très haut en couleurs, là c’est l’ocre rouge et pourpre qui domine. C’est un petit canyon étroit qui se faufile sur 250 m, vous y découvrirez de nombreuses sculptures et gravures sur les parois, avant d’arriver à un petit cirque avec une source aux concrétions calcaires recouverte de fougères. Un pan de la falaise est recouvert de plantes grimpantes qui donnent l’impression d’une cascade dévalant la falaise. C’est un lieu magique, silencieux, sans issue, le bout de ce petit monde. Retour par le même chemin, j’y croiserai un couple de hollandais, médusés par la beauté du site. Rejoindre la piste du Vallat de Naye, dans le bois au 1er croisement prendre en face et non à gauche (circuit de quad, moto-cross), 150 m plus loin dans le creux du vallon prendre légèrement à gauche en quittant la piste et prendre le sentier du Vallat, qui vous mènera au carrières d’ocre jaune, du Vallat de Naye. Là encore, les artistes graveurs et sculpteurs s’en sont donnés à cœur joie. C’est un aller-retour, puis à gauche poursuivre encore 200 m avant de trouver à gauche en contrebas du sentier l’entrée des galeries de mines d’exploitation de l’ocre des Rostides. Le site partiellement caché par la végétation est exceptionnel. Un projecteur est indispensable, mais attention de ne pas vous perdre dans ce véritable labyrinthe de galeries souterraines croisées, car une fois dedans, on ne voit pas la sortie.
Alors soyez très prudents.
« Les ocres sont connues depuis la plus haute antiquité et nos ancêtres s’en servaient pour l’ornementation de leurs cavernes. Toutefois, le début de l’exploitation de l’ocre se situe tardivement entre 1780-1785, lorsque Jean Etienne ASTIER, habitant à Roussillon, redécouvre les propriétés des terres jaunes et rouges de sa région et leurs pouvoirs inaltérables. Une nouvelle industrie est née qui fera, pendant des décennies la richesse de cette contrée du Vaucluse. Mais il faudra attendre la fin du XIXème siècle pour voir l’ocre exploitée industriellement ».
Après une exploration de 2 galeries principales, et être allé au fond de la plus profonde, une centaine de mètres, c’est une véritable œuvre d’art qu’ont laissé les ouvriers qui ont creusé ce damier de galeries numérotées, encore en excellent état, sans coffrage, ni étayage intérieur et qui sont aujourd’hui, après 1 siècle à l’abandon , encore en excellent état de conservation.
Je poursuivrais le sentier à travers bois et juste avant de rejoindre la petite route des Rostides, sur la droite, un cabanon de pierre restauré en bordure d’une oliveraie ou je m’arrêterai pour déjeuner.
Il est 12h15, je ne prendrai qu’1/4h pour déjeuner avant de reprendre mon chemin. Traversée du hameau des Rostides, une belle propriété sur la droite de la route avec un très beau puits-borie-fontaine. Beau point de vue sur Ville-sur-Ozon en contrebas, à la 2ème épingle, traverser la carrière d’ocre rouge et prendre le sentier en face, un peu plus long que la route, mais plus agréable à travers une forêt de pins maritimes, puis d’oliviers et de cerisiers, avec de beaux point de vues sur le Ventoux, et les Dentelles de Montmirail. Traverser la piste de Belle Combe, et prendre la direction du Gite rural, que vous atteindrez à l’Homme de pierre. Le contourner par la gauche par le hameau des Sourds, fleuri, au milieu d’oliviers et d’arbousiers, puis vous descendez en sous-bois. Dans le creux, prendre le sentier de gauche, parallèle au Vallat de Font Nouvelle, dans un bois de chênes, plus loin un panneau sentier privé, j’ai pris le risque de poursuivre et n’ai pas reçu de décharge de chevrotine, ni vu quiconque. Au bout, traverser le Vallat, ou une citerne (style piscine) récupère l’eau du ru, prendre rive droite, passer au milieu d’un dépotoir et garage agricole puis en dessous de la Ferme des Rassades. Ça fleur bon, les néfliers en fleurs, et le cadre est sublime avec la forêt et le vallon aux couleurs automnales. 300 m plus bas prendre à gauche et rejoindre la piste au-dessus du Vallat de Maupas, plus loin à droite une piste monte sur le plateau et rejoint l’immense carrière d’ocre à ciel ouvert de Parandier, entourée de verdure et de pins maritimes. Retour sur vos pas, dans le Vallon de Maupas, ou vous découvrirez 200 m plus bas, sur votre droite, de magnifiques falaises rocheuses ocrées, au milieu d’une forêt de pins maritimes. Rapprochez-vous, du pied des falaises, c’est un vrai bijou, l’érosion et le gel y ont fait un vrai travail d’orfèvre. Encore 300m et vous atteindrez la route et l’ancien pont des Salettes. Perndre à droite, monter la côte, puis le sentier à gauche, vous rejoindrez les ruines d’un mazet et son puits, en bordure de vignobles que vous traverserez, pour rejoindre le lac des Salettes (en été baignade, parcours dans les arbres, balades), avec ses canards et sa belle plage de sable blanc, étonnant
non ? Un dernier petit tour au barrage-digue, au bout du lac, avec un magnifique point de vue sur le Ventoux.
Fin de la randonnée, il est 15h30.
Une très belle journée, très chaude 22°c, pour une mi-novembre, c’est exceptionnel, haute en couleurs automnales, au pays des ocres.